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Nos lecteurs ont la parole

H1N1 : le Liban est-il prêt ?

Abdallah HARFOUCHE
Devant un virus comme le H1N1 qui est à nos portes, je me demande comment nous allons réagir. Le ministre de la Santé ne cesse de nous rassurer et nous promet des mesures à prendre. En quoi consistent-elles, ces mesures ? Est-ce qu'elles se limitent tout simplement à se laver les mains, à ne pas s'embrasser, à rester loin des gens infectés ? Si nous n'entreprenons rien d'autre, alors les dégâts vont être énormes.
Notre ministre de la Santé peut-il répondre aux questions suivantes :
1. Quelles seraient les mesures à prendre dans les écoles ? Est-ce que des élèves âgés entre 3 et 10 ans sont capables d'appliquer les mesures d'hygiène proposées, surtout dans des classes qui comportent 40 élèves ? Est-ce qu'un enfant de 5 ans va se tenir à deux mètres de son camarade, mettre la main devant la bouche avant de tousser, se laver les mains chaque fois qu'il se mouche ?
2. J'aimerai bien savoir pourquoi on a interrompu tout contrôle sanitaire à l'aéroport - par égard pour les touristes peut-être...
3. Nous savons qu'en cas d'épidémie, 50 % de la population serait atteinte pendant 40 jours (des articles sont publiés sur Internet chaque jour, voir BBC, CNN, Euronews, les magazines...). Cela implique deux millions de cas au Liban, dont 10 % auront besoin d'hospitalisation, soit 200 000. Les hôpitaux pourront-ils recevoir un tel nombre ? Les médecins sont-ils en nombre suffisant pour gérer la crise ? Va-t-on prendre des mesures similaires à celles qui vont être prises en Europe (mobiliser les médecins à la retraite, envisager d'autres lieux que des hôpitaux, avec un matériel adéquat pour recevoir et traiter les malades ?
La France par exemple a acheté dix millions de dose de vaccins. Combien envisageons-nous d'en acquérir ? Les communes françaises simulent des scénarios et préparent les gens à affronter les cas d'urgence. Où en est-on au Liban ?
4. Notre stock de Tamiflu (60 000 unités) est-il suffisant ? Disposons-nous de Tamiflu liquide pour les enfants qui ne sont pas capables de prendre les comprimés ? Quid de notre stock d'antibiotiques qui, selon les médecins, devront être prescrits systématiquement avec le Tamiflu ?
5. Il est vrai que le nombre de cas mortels probables varie actuellement entre 2 et 4 pour mille. Mais quelle serait la proportion si les gens ne peuvent pas être traités convenablement ? Ne serait-il pas au moins trois fois supérieur, ce qui implique, pour 12 ‰ de cas mortels, 48 000 morts au Liban (sur une population de quatre millions).
6. Pourquoi un pays comme l'Inde et nombre d'autres qui ne sont pas capables de gérer une épidémie de ce genre ont décidé de fermer les écoles ? Notre ministère de la Santé se sent-il capable de gérer la situation et, si c'est le cas, qu'il nous le prouve, chiffres à l'appui.
Qu'il me soit permis à moi, simple citoyen, de suggérer ces quelques modestes solutions :
- Fermer les écoles (car il faut admettre que nous sommes dans l'incapacité de gérer une épidémie).
- Exiger des employés de mettre des masques et renvoyer les malades chez eux.
- Acheter un stock suffisant de Tamiflu et d'antibiotiques.
- Rétablir les contrôles sanitaires à l'aéroport.
- Aménager des locaux capables de recevoir les malades, équipés du matériel nécessaire (oxygène, sérum, antibiotiques, etc.)
- Former les services hospitaliers aux modalités de traitement et non pas restreindre les informations à quelques médecins de maladies infectieuses ou de médecine générale.
- Le seul moyen, pour nous, de lutter contre cette épidémie est de retarder au maximum sa propagation en attendant que d'autres solutions soient disponibles.
À mon humble avis, nous devons être beaucoup plus vigilants et prendre des mesures exceptionnelles dans un pays exceptionnel comme le nôtre.

Abdallah HARFOUCHE
Devant un virus comme le H1N1 qui est à nos portes, je me demande comment nous allons réagir. Le ministre de la Santé ne cesse de nous rassurer et nous promet des mesures à prendre. En quoi consistent-elles, ces mesures ? Est-ce qu'elles se limitent tout simplement à se laver les mains, à ne pas s'embrasser, à rester loin des gens infectés ? Si nous n'entreprenons rien d'autre, alors les dégâts vont être énormes. Notre ministre de la Santé peut-il répondre aux questions suivantes :1. Quelles seraient les mesures à prendre dans les écoles ? Est-ce que des élèves âgés entre 3 et 10 ans sont capables d'appliquer les mesures d'hygiène proposées, surtout dans des classes qui...
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