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Hommage à Bernard Fattal

 Etel ADNAN
La mort de Bernard Fattal est une perte incommensurable. Pour sa femme, Marie-Christine, bien sûr, ses sœurs, ses fils, qui sauront être dignes de son héritage spirituel, ses employés qui ont perdu en lui non seulement un patron mais aussi un véritable père...
Nous voulons mesurer cette perte. Il y a des êtres qui sont des lumières mobiles dans le brouillard et nous les suivons parce qu'ils ouvrent des voies qui enrichissent la vie, lui donnant un sens. Ils ne sont pas nombreux, eux que Baudelaire appelait des « phares ».
Ses amis le savent bien, eux qui ont perdu en lui un chef, un compagnon dont l'énergie leur faisait accomplir des prouesses... Il n'y a pas un mois, en Azerbaïdjan, Bernard, dans une expédition de chasse, escaladait, avec un guide, en un seul jour, une montagne de 3 000 mètres. Son caractère avait quelque chose des personnages de la tragédie grecque, faisant face à la joie comme à la douleur avec le désir d'en faire une énergie renouvelée pour affronter un destin. Il vivait, dans sa quête perpétuelle de dépassement, cette vision qu'avait Nietzsche de l'être humain : « L'homme est un pont que lui-même doit traverser. » Tendu, toujours vers les autres, toujours vers l'avenir, impeccable de rigueur et d'honnêteté, on souhaiterait que son exemple soit suivi, ne serait-ce qu'un tout petit peu, par notre classe politique  si enfoncée dans sa médiocrité. Son jardinier a eu - avec ce sens de la poésie qu'ont les gens simples - cette remarque admirable au sujet de son départ : « Le volcan s'est mis en éruption et a détruit la montagne. » Pour l'être de pur feu qu'a été Bernard Fattal, rien ne pouvait être dit de plus juste.

 Etel ADNAN
La mort de Bernard Fattal est une perte incommensurable. Pour sa femme, Marie-Christine, bien sûr, ses sœurs, ses fils, qui sauront être dignes de son héritage spirituel, ses employés qui ont perdu en lui non seulement un patron mais aussi un véritable père... Nous voulons mesurer cette perte. Il y a des êtres qui sont des lumières mobiles dans le brouillard et nous les suivons parce qu'ils ouvrent des voies qui enrichissent la vie, lui donnant un sens. Ils ne sont pas nombreux, eux que Baudelaire appelait des « phares ».Ses amis le savent bien, eux qui ont perdu en lui un chef, un compagnon dont l'énergie leur faisait accomplir des prouesses... Il n'y a pas un mois, en Azerbaïdjan, Bernard, dans une expédition de chasse, escaladait, avec un guide,...