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Hommages à Bernard Fattal

La chose la plus difficile quand on est confronté à la mort c'est d'accepter son inéluctabilité. Sur Bernard Fattal, beaucoup a été dit, si vrai, si juste, et pourtant il y aurait encore tant à dire. Il est impossible de cerner l'exception. Aussi, les contradictions et les trahisons du temps nous forcent-elles à méditer sur notre précarité, le cœur à marée basse. La vie est une suite de hasards, d'accidents, de petites choses qui commencent et de grandes choses qui finissent.
L'homme, passionné de créativité, parti trop tôt, foisonnait d'idées qui pouvaient remuer notre quotidien frileux, résigné, en passe de devenir insignifiant. La vie de Bernard était faite moins de ce qui était vécu jour après jour que de ce qui était rêvé.
Dans notre dictature de la médiocrité - que rejetait déjà son frère aîné Georges, ancré dans notre souvenir, légende d'honnêteté morale et d'intransigeantes convictions - Bernard n'aura jamais cessé non pas de chercher, ce qui déjà est remarquable, mais de trouver.
Que son admirable épouse Marie-Christine et sa vaillante relève, ses fils Hubert, Bertrand et Jean, sa mère Aimée de Freige Fattal, grande dame d'une glorieuse époque, ainsi que ses sœurs éplorées Liliane et Lucienne (à laquelle me lient de réciproquement douloureux et impérissables souvenirs) restent assurés que l'odyssée de Bernard fait partie intégrante de ce qui nous reste de vie et d'espoir dans ce pays qui se délite.
Certains êtres ne sont jamais plus vivants en nous que lorsqu'ils sont morts.

Paul Ph. EDDÉ

* * *

Bernard
Tu crois nous avoir quittés, je doute ?
Le mot chasse tu l'as conjugué et interprété sous toutes ses formes.
Tu as chassé le malheur dans les maisons des démunis, désespérés et malades,  en leur apportant bonheur, guérison et espérance.
Dans ton travail tu as chassé le désespoir dans l'esprit de tous tes collaborateurs en leur inculquant l'ambition et l'esprit de collaboration.
Dans ta vie sociale tu as chassé le show off et l'imbu de soi en restant effacé mais efficace et présent.
Pour ton pays tu as chassé le désespoir, car en pleine guerre tu as continué à te battre pour maintenir et développer cette merveilleuse entreprise qui est un exemple de l'économie du Liban.
Tu as chassé la haine qui existe dans les équipes de travail en créant une synergie de coopération et une étroite collaboration entre elles.
Mais nous ne pardonnerons pas du tout à la chasse de vous avoir pris à nous toi et Tony. Tu ne nous a pas quittés, car probablement chaque jour quelqu'un dans ta compagnie, en société, ou même dans les universités te citera en exemple.
Tu peux donc dire à la chasse que bien qu'elle t'ait retiré physiquement à nous, elle n'a fait que renforcer notre croyance en ce que tu as pu faire sur terre et que probablement là-haut tu es quand même en train de leur apprendre à chasser le mal et aller à la chasse du bien. Tu vois, c'est un mot à double tranchant
On va nous aussi y passer. On ne peut pas la chasser de notre vie, alors nous te disons à un de ces jours.

Nabil J. TABET
La chose la plus difficile quand on est confronté à la mort c'est d'accepter son inéluctabilité. Sur Bernard Fattal, beaucoup a été dit, si vrai, si juste, et pourtant il y aurait encore tant à dire. Il est impossible de cerner l'exception. Aussi, les contradictions et les trahisons du temps nous forcent-elles à méditer sur notre précarité, le cœur à marée basse. La vie est une suite de hasards, d'accidents, de petites choses qui commencent et de grandes choses qui finissent.L'homme, passionné de créativité, parti trop tôt, foisonnait d'idées qui pouvaient remuer notre quotidien frileux, résigné, en passe de devenir insignifiant. La vie de Bernard était faite moins de ce qui était...