Dans une conférence de presse qu'il a tenue au terme de l'entretien, M. Najjar a estimé que le communiqué publié par le CSM au terme de la diatribe de l'ancien directeur de la Sûreté générale, Jamil el-Sayyed, contre la justice libanaise a « clairement rejeté toute attaque contre la magistrature, ainsi que toute tentative d'en faire un bouc émissaire ». « Dans ce communiqué, la magistrature a fait montre de sagesse et de perspicacité, sans entrer dans les polémiques médiatiques. Elle a aussi fait preuve d'une détermination inébranlable à tenir la justice à l'écart de la politique et à préserver sa dignité », a indiqué M. Najjar, avant de souligner que le CSM « s'occupe de près de tous les dossiers qui nécessitent un suivi et s'efforce aujourd'hui de protéger la magistrature ». Selon lui, la réserve dont a fait preuve le CSM dans sa réponse au général Sayyed « n'est pas un signe de faiblesse dans la mesure où il est impératif de dissocier de façon définitive la politique et la justice et de tenir celle-ci à l'abri des duels politiques ».
M. Najjar a en outre jugé que « les accusations personnelles qui ont été lancées contre certains juges (par M. Sayyed) ne concernent pas le CSM et n'ont rien à voir avec le ministre de la Justice. Elles ne peuvent pas pousser le parquet à se saisir de l'affaire ou entraîner des poursuites judiciaires, sauf si les juges ciblés se portent partie civile ».
Le ministre a par ailleurs affirmé avoir examiné avec le président et les membres du CSM l'affaire des télécommunications internationales illégales, avant de relever que certaines déclarations faites récemment à la presse, à ce sujet, ne sont pas fondées sur un dossier solide. Il a aussi dit avoir informé ses interlocuteurs que les services de renseignements de l'armée poursuivent leurs investigations au sujet de la station de Barouk, en coordination avec les ministères de la Justice et de la Défense.
L'affaire Ezzeddine a été aussi au centre de la réunion. M. Najjar a expliqué qu'au terme de l'enquête, le dossier sera transmis au juge d'instruction, qui nommera des experts pour faire la lumière sur cette affaire. « Mais il semble d'ores et déjà que le dossier renferme d'importantes opérations effectuées au Liban et à l'étranger », a-t-il révélé.

