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Culture - Cimaises

La vie rêvée des papillons

Butinant la toile de son pinceau, Leila Beydoun Chalabi présente, à l'espace Kettaneh-Kunigk*, un bouquet de papillons tout droit sorti de son imaginaire. 
Leila Chalabi s'intéresse à une espèce particulière de papillons. Ceux-là mêmes qu'elle pourchasse dans ses rêves, qui virevoltent sur la toile en l'éclaboussant de mille couleurs et qu'elle épingle avec bonheur sur les cimaises.
Ces créatures fragiles, nées d'une chrysalide apparemment sans vie, considérées comme représentation du passage de l'homme sur terre, fascinent indubitablement l'artiste.
«Ne représentent-elles pas l'image de la destinée de l'âme ? Ne sont-elles pas considérées comme des symboles de résurrection ? », s'interroge-t-elle. Elle les réinvente donc, entre figuration et abstraction, avec humour et tendresse, liberté et audace. Pour offrir au visiteur une plongée au cœur d'un monde à la fois irréel et familier, une planète de mirages orchestrée par une touche douce de coloriste dans les huiles.
Pour Leila Beydoun Chalabi, la peinture répond au besoin de créer. Créer sans copier la réalité, mais en la retouchant et la modifiant pour traduire les sensations prodigieuses qui se dégagent de la contemplation de notre monde. « Oui, justement, réplique l'artiste. Notre monde est tellement saturé de visions horribles, de squelettes, de morts, de souffrances, d'injustices, de convoitises... Ces horreurs nous entourent, nous les côtoyons de près, mais je ne les utiliserai pas dans mon art. » « Notre vie difficile et troublée a plus que jamais besoin d'images sereines, de petites notes d'espoir », explique-t-elle. Besoin de métamorphose, d'envol vers la
lumière, d'espoir. De papillons, pardi !
Les œuvres de Chalabi, aux compositions un peu différentes, trouvent leur unité dans l'harmonie des couleurs et des formes, joyeuses et rythmées. Voilà une peinture sans cesse en mouvement, reflet d'une musique intérieure et d'une création jubilatoire. Une peinture solaire et miroitante, où le rêve côtoie la réalité, dans un univers mirifique aux couleurs du printemps.
Après des études d'art au Beirut College for Women en 1955, puis de beaux-arts à la Beirut University College en 1979, Chalabi s'est établie à Paris en 1985 où elle a fréquenté l'Académie Saint-Roch, dirigée par Jean Berthole.
Avant de pourchasser les lépidoptères, l'artiste butinait les fleurs. « Notre perception de la nature est souvent très subjective, dit-elle. Elle est différente pour chacun d'entre nous et dépend non seulement de la météo, mais aussi de nos humeurs. L'univers végétal peut être le miroir de nos émotions et de notre sensualité, de nos peurs et de nos désirs. » Il est aussi une incomparable source de bonheur et de découverte pour cette femme qui s'est imposée une discipline, elle qui « travaille » dans son atelier parisien près de cinq heures par jour.
Et dont le résultat est visuellement aussi enchanteur qu'une éclosion de fleurs au printemps.

* « Patterns and Light », jusqu'au 19 septembre, du lundi au vendredi de 11h00 à 19h00, samedi de 11h00 à 17h00. Secteur Clemenceau, centre Gefinor, Bloc E, tél. : 01/ 738706. 
Leila Chalabi s'intéresse à une espèce particulière de papillons. Ceux-là mêmes qu'elle pourchasse dans ses rêves, qui virevoltent sur la toile en l'éclaboussant de mille couleurs et qu'elle épingle avec bonheur sur les cimaises. Ces créatures fragiles, nées d'une chrysalide apparemment sans vie, considérées comme représentation du passage de l'homme sur terre, fascinent indubitablement l'artiste. «Ne représentent-elles pas l'image de la destinée de l'âme ? Ne sont-elles pas considérées comme des symboles de résurrection ? », s'interroge-t-elle. Elle les réinvente donc, entre figuration et abstraction, avec humour et tendresse, liberté et audace. Pour offrir au...
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