« Les informations que nous avons obtenues aujourd'hui montrent que M. Hariri ne désire pas former un gouvernement, mais simplement jouer avec la composition du cabinet selon sa convenance », a déclaré le général Aoun, qui se trouve toujours en Europe, à la radio Saout el-Mada.
« Je n'accepterai pas que les principes démocratiques sur lesquels reposent les relations entre les formations politiques et la présidence du Conseil soient modifiés. La violation de ces principes nous place face à une situation impossible, car personne n'a le droit de nommer les ministres relevant d'un parti », a-t-il assuré.
« Pour ce qui est de la distribution des portefeuilles, il ne nous sera pas possible d'accepter des ministères que nous avions rejetés et si Hariri veut créer une coutume nouvelle, il n'a qu'à former son gouvernement sans nous », a-t-il dit.
« En tout état de cause, il est demandé à tous les membres du Bloc du changement et de la réforme qui seront nommés ministres de présenter immédiatement leur démission », a averti le général.
Prié de commenter les propos de M. Hariri selon lequel la formule retenue prend en compte à la fois l'équilibre politique et la cohésion nécessaire à la bonne marche du cabinet, il a répondu : « La cohésion gouvernementale est assurée lorsque tout le monde respecte la Constitution et les lois, et non pas par le biais des mafias du pouvoir qui sévissent partout et servent les intérêts des membres du gouvernement. »
Il a ajouté qu'à son avis, le président de la République, Michel Sleiman, « ne signera pas le décret de la composition gouvernementale que Hariri lui a transmis ». « Mais, nous aussi, nous devons éclaircir notre position à l'intention des membres du Bloc du changement et de la réforme et des hommes politiques qui nous sont affiliés », a-t-il dit.
Répliquant aux affirmations selon lesquelles les demandes de son bloc sont rédhibitoires, il a dit : « Ces demandes sont en deçà de nos droits, qui sont la cible depuis vingt ans d'une tentative de spoliation. Que personne ne nous accuse d'entêtement ou d'obstruction. Nous voulons que le cabinet soit formé aujourd'hui et pas demain. Mais il faut que la volonté soit partagée et que l'équilibre et les droits soient respectés. »
Il a conclu en affirmant que les composantes de l'opposition « sont solidaires entre elles » et qu'elles « ne sauraient consacrer le non-respect des principes essentiels qui régissent la formation du gouvernement ».

