Ces propos sont le dernier épisode en date de la crise qui oppose Damas à Bagdad depuis un double attentat perpétré le 19 août à Bagdad contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances et qui avait fait 95 morts et 600 blessés. Nouri al-Maliki accusait Damas d'avoir une responsabilité dans ces attentats-suicide. Il avait également demandé l'extradition des deux principales personnes recherchées, Mohammad Younes al-Ahmad et Sattam Farhan, pour ce crime, ainsi que d'autres personnes qui font l'objet de mandats d'arrêt internationaux. Selon Bagdad, MM. Ahmad et Farhan, deux membres du Baas, parti au pouvoir sous l'ancien président Saddam Hussein et aujourd'hui interdit, ont donné l'ordre, depuis la Syrie, de commettre le double attentat. Le 25 août, l'Irak et la Syrie décidaient de rappeler leurs ambassadeurs.
Le 18 août, M. Maliki avait effectué une visite à Damas où il avait rencontré le président Bachar el-Assad. Le lendemain, un double attentat avait eu lieu à Bagdad contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances, faisant 95 morts et 600 blessés. Le 25 août, les deux pays décidaient de rappeler leurs ambassadeurs.
Hier, le Premier ministre a déclaré que lors de sa dernière visite à Damas, le 18 août, soit la veille du double attentat de Bagdad, il avait « présenté (à ses interlocuteurs syriens) des informations obtenues par les services de sécurité irakiens sur une réunion à Zabadani (près de Damas) le 30 juillet, entre les baassistes et les takfiris (extrémistes sunnites) en présence des services secrets syriens ». « Pourquoi cette insistance a-t-elle hébergé des personnes recherchées par la justice irakienne ? » s'est-il interrogé.
Selon lui, « la crise avec la Syrie n'est pas nouvelle ». « Mais en réalité les activités de ces organisations terroristes se sont accrues », a-t-il ajouté.
Lors d'une rencontre, lundi, avec le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, censé apaiser les relations entre Damas et Bagdad, M. Maliki avait déjà affirmé que « 90 % des terroristes arabes se sont infiltrés en Irak à partir du sol syrien ». Il avait également affirmé que l'Irak a présenté « des noms, des adresses, des informations, des documents et des preuves des activités terroristes et de groupes takfiris connus » et appelé à la formation d'un tribunal pénal international pour juger « ceux qui s'ingèrent en Irak ».
« Nous ne comprenons pas ce qui peut encore être internationalisé en Irak, car le contexte irakien est déjà fortement internationalisé depuis 1991 », a déclaré le président syrien Bachar el-Assad, qui a demandé à Bagdad de lui présenter les preuves de ses accusations. « Lorsque la Syrie est accusée de tuer des Irakiens alors qu'elle accueille 1,2 million de (réfugiés) irakiens, ces accusations sont immorales et à caractère politique », avait, de son côté, réagi le président syrien.


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