Le groupe « a renouvelé son invitation à l'Iran à engager des discussions directes sur la base du respect mutuel », selon le diplomate qui a requis l'anonymat. Le groupe se retrouvera pour de nouveaux entretiens fin septembre en marge de la réunion annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, a-t-il ajouté. Le diplomate allemand, s'exprimant à titre personnel, a indiqué espérer que des entretiens avec l'Iran puissent débuter avant la réunion de l'ONU.
Mardi, le principal négociateur du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, avait annoncé que Téhéran, qui dément poursuivre un programme nucléaire à des fins militaires, allait présenter des propositions en vue de négociations avec les grandes puissances. « Avec force, en utilisant ses capacités nationales et régionales, la République islamique d'Iran est prête à coopérer pour lever les inquiétudes communes internationales », selon M. Jalili. Ni l'Allemagne, ni les États-Unis, ni l'Union européenne n'avaient toutefois reçu hier ces nouvelles propositions, selon leurs représentants.
La réunion d'hier n'avait pas pour but « de prendre des décisions concrètes », mais plutôt « de faire ensemble un état des lieux au vu des élections en Iran et du rapport de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) », avait-on appris de sources diplomatiques à Berlin. Des élections controversées ont vu la réélection en juin du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, tandis que l'AIEA affirmait fin août qu'en dépit d'améliorations sur la transmission d'informations et les visites inopinées de sites nucléaires, Téhéran n'a pas répondu aux questions concernant la nature militaire supposée de son programme.
Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient vivement critiqué l'Iran lundi, à l'issue d'une rencontre à Berlin, avertissant Téhéran qu'il devait prendre au sérieux les menaces de sanctions renforcées en cas de refus de négocier. Les chefs d'État et de gouvernement des grandes puissances pourraient discuter de possibles sanctions en marge du sommet du G20 à Pittsburgh (États-Unis) les 24 et 25 septembre, selon les responsables diplomatiques. Après de premières sanctions en 2005, 2006 et 2007, la communauté internationale envisage des mesures ciblant le secteur énergétique iranien, selon Mme Merkel. D'après le quotidien américain New York Times, les États-Unis veulent interdire les ventes d'essence à l'Iran. Bien que grand exportateur de pétrole brut, l'Iran ne dispose pas de capacités de raffinage suffisantes et dépend des importations pour 40 % de son essence.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a toutefois averti mardi que le problème iranien ne pouvait être résolu que par des processus politiques et diplomatiques. « Le meilleur moyen de peser de l'extérieur sur la prise de décisions concernant l'Iran consiste non pas à isoler Téhéran ou à le menacer d'un recours à la force, mais à l'impliquer dans une importante coopération internationale », selon le ministre russe. Même son de cloche du côté du Brésil, où le président Luiz Inacio Lula da Silva s'est déclaré hier opposé à l'imposition de nouvelles sanctions contre l'Iran, estimant qu'il fallait d'abord « utiliser toutes les voies diplomatiques » pour convaincre ce pays de renoncer à ses ambitions nucléaires. « Ce que nous ne devons pas faire, c'est les acculer contre le mur », a-t-il dit dans un entretien avec l'AFP. Le président brésilien doit recevoir prochainement - peut-être fin septembre - son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad.


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