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Liban - Éclairage

Baabda fortement lésé par la crise

Le processus de formation du gouvernement entre dans son troisième mois. Il tourne donc, carrément, à la crise ministérielle. Le président désigné, Saad Hariri, n'arrive ni à surmonter les obstacles ni à contourner les embûches. Suite aux conditions et contre-conditions qu'on lui pose, il fait du surplace. Ce qui l'oblige à tempérer ses efforts.
En fait, presque personne ne s'en cache, les protagonistes du cru sont dans l'attente d'un signal extérieur qui tarde à venir. Parce que ces négociations entre parties étrangères qui englobent le dossier libanais ne sont pas encore finalisées. Plus exactement, on ne sait pas si elles vont aboutir ni sur quoi elles pourraient déboucher en ce qui nous concerne. Mais une chose paraît acquise : le plus proche reste le mieux placé pour exploiter la carte et la crise libanaises. Afin de se faire payer au plus fort, notamment en termes d'acte d'accusation du TSL. Tandis que d'autres acteurs étrangers, Arabes modérés ou Occidentaux, souhaiteraient que le Liban se dote d'un cabinet d'union nationale, dans l'esprit et l'espoir qu'il pourrait devenir, enfin, indépendant et libéré du rôle ingrat de serpillière régionale.
Cependant, plus la crise dure et plus elle est dure pour le régime. Le président Michel Sleiman voit le temps filer, un an et demi sur six, sans pouvoir mettre en chantier son projet national, fondé à la fois sur l'édification d'un État digne de ce nom, sur les réformes et sur le redressement socio-économique. Un plan facilité, mais bien inutilement au vu de la contestation interne, par ses multiples voyages qui lui ont permis de redorer le blason du Liban sur la scène internationale, de décrocher du respect pour sa fonction et des aides substantielles pour le pays. Il semble normal que, lésé par la crise, le président Sleiman s'efforce d'aider au maximum à la résoudre. En épaulant, donc, dans sa mission, le Premier ministre désigné. C'est ainsi qu'hier, le président Sleiman a accepté de prêter le palais de Baabda pour cette rencontre avec le général Michel Aoun que Saad Hariri a souhaité tenir en terrain neutre, ni à Koraytem ni à Rabieh.
À ce propos, les deux intéressés ont pareillement tenu à ce que le terrain soit bien préparé par leurs lieutenants pour que les échanges puissent être fructueux et ne se réduisent ni à des amabilités mondaines ni à des reproches sans effet. Après l'entrevue, ils ont indiqué qu'elle avait servi à rompre la glace, mais n'avait constitué qu'une entrée en matière, le dialogue devant se poursuivre. Comme ils n'ont pas indiqué de date, les professionnels pensent que la solution n'est pas proche.
Retour à l'attente du signal, que semble confirmer l'attitude du Hezbollah. Ce parti dominant de l'opposition prend soigneusement soin, ces jours-ci, de ne pas s'attarder sur les revendications du général Michel Aoun. Le Hezb évite même de se prononcer sur l'exigence de son allié concernant le portefeuille-clé de l'Intérieur. Tout en déclarant que les demandes du général lui semblent justes, le Hezb a prié Hariri d'en discuter avec lui en tenant compte du fait que le général dirige le plus grand bloc parlementaire. Il est élémentaire de relever que lorsque le Hezb renvoie Hariri au général, l'inverse est également vrai. Ce qui signifie que pour le Hezb, le général doit négocier, et qui dit négocier dit composer.
On observe, en outre, que le Hezb est pour la 15-10-5. Une formule qui donne deux des quatre portefeuilles souverainistes au président de la République, la majorité et la minorité se partageant les deux autres. Or c'est au chef de l'État, garant de la stabilité, que Doha avait dévolu l'Intérieur et la Défense. Le général Aoun veut modifier cet ordre des choses, et il n'est pas certain que le Hezbollah soit de son avis. Car cela signifierait que l'on gommerait cet accord de Doha qui donne l'avantage aux prosyriens. De plus, il n'est pas certain non plus que le Hezb veuille, comme le général Aoun, porter atteinte aux capacités d'action, et d'arbitrage, du président de la République. Si le chef de l'État se voyait priver de l'Intérieur, rien n'empêcherait la majorité de lui arracher la Défense. Il ne disposerait plus, en pratique, d'aucun levier. Il devrait, sur sa propre part, nommer un ministre sunnite des Finances que le président du Conseil désignerait lui-même, et un ministre chiite des Affaires étrangères parachuté par le tandem Amal-Hezbollah.
Cependant, Hariri n'est pas avare en renvoi d'ascenseur. Il s'oppose à ce que l'on prive le président Sleiman de son quota originel. D'autant que, pour ce qui est de l'Intérieur, le général Michel Aoun lui-même ne cesse de chanter les louanges de Ziyad Baroud. Des visiteurs de Rabieh l'ont même entendu lancer que si le président Sleiman ne voulait plus de ce ministre, il le prendrait sur sa part car il l'assimile à son gendre, Gebran Bassil. Ajoutant qu'en revendiquant l'Intérieur, il ne cible pas Baroud, mais entend réformer ce département.
Pour ce qui est du fameux signal attendu, l'opposition n'est pas en reste pour en parler. Elle affirme en effet que Saad Hariri prend son temps parce qu'il n'a toujours pas reçu d'instructions de l'étranger, où il se rend si souvent, rappellent les prosyriens. Ils observent, en outre, que l'on est si bien installé dans le statu quo que le président du Conseil sortant, Fouad Siniora, a repris le chemin du Sérail pour y officier à plein temps. Il y offre même un iftar vendredi prochain.
Du côté de la majorité, la bombe sonore lancée dimanche par le général Jamil Sayyed continue à faire des remous. Les loyalistes estiment que la diatribe tous azimuts de l'ancien directeur de la SG lui a été télécommandée via le « remote control » qu'il a récupéré à sa sortie de prison. Ils ajoutent que Sayyed a choisi son timing en fonction des informations selon lesquelles l'acte d'accusation du TSL va être publié bientôt, ce qui devrait s'accompagner de la convocation à La Haye, en tant que témoins, de nombre de particuliers, dont des cadres du Hezbollah.
Pour ce qui est du gouvernement, les vacances d'été prolongées que des ambassadeurs étrangers entament sont un indice de plus qu'il ne verrait pas le jour de sitôt. Et probablement, selon certains, par avant le rendez-vous du 23 septembre à Riyad, autour de Abdallah le conciliateur, entre Obama, Sarkozy, Medvedev, Ahmadinejad, Assad et Sleiman, entre autres.
Le processus de formation du gouvernement entre dans son troisième mois. Il tourne donc, carrément, à la crise ministérielle. Le président désigné, Saad Hariri, n'arrive ni à surmonter les obstacles ni à contourner les embûches. Suite aux conditions et contre-conditions qu'on lui pose, il fait du surplace. Ce qui l'oblige à tempérer ses efforts.En fait, presque personne ne s'en cache, les protagonistes du cru sont dans l'attente d'un signal extérieur qui tarde à venir. Parce que ces négociations entre parties étrangères qui englobent le dossier libanais ne sont pas encore finalisées. Plus exactement, on ne sait pas si elles vont aboutir ni sur quoi elles pourraient déboucher en ce qui nous concerne. Mais une...
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