Quid du Moyen-Orient ?
Selon nos prévisions, autant cyniques qu'invérifiées et invérifiables, la Pologne étant devenue, selon M. Friedman, le bras droit des États-Unis, la géopolitique de la débauche nocturne et régionale devrait passablement changer d'allure. Rachetés par des femmes d'affaires est-européennes, les « super night-clubs » seront transformés en lofts pour les vacances méditerranéennes de ces nouvelles « tradeuses » avides de dépenser leurs bonus. Pas rancunières, les Ukrainiennes, Polonaises, Russes et autres Roumaines recycleront leurs anciens maquereaux dans la lutte dans la boue, pour des tournois organisés à l'intention non exclusive de la gent féminine, à Varsovie, Moscou, Kiev et Bucarest.
À l'horizon 2100, la mer Morte le sera vraiment. Morte et enterrée sous une croûte de sel que fouleront des touristes ébahis en apprenant que ce désert était, quelques dizaines d'années plus tôt, une ligne de flottaison. Au Liban, le ministère du Tourisme devra revoir ses tablettes. Réchauffement climatique oblige, le touriste ne pourra plus skier le matin et se baigner l'après-midi, car il ne pourra plus skier du tout. Au centre-ville, les architectes et urbanistes à tendance frénétique découvriront les vertus du pilotis, alors que la Méditerranée, reprenant ses droits, montera d'un cran grâce à l'afflux de liquide engendré par la fonte des glaces polaires et ayant trouvé le chemin du détroit de Gibraltar.
En Israël, des milliers de touristes chinois débarqueront par bus entiers pour se promener le long de la « grande muraille » de Cisjordanie sans voir les appels à l'air gravés dans le béton armé.
Au Liban encore, des « petits-fils de » s'allieront avec d'autres « petits-fils de », tout en refusant de déjeuner avec d'autres « petits-fils de », avant de rebattre les cartes des alliances et de revoir la liste des invités à table. Installés au 60e étage de tours plantées dans des quartiers à caractère traditionnel sur le souvenir flou de maisons aux élégantes façades, tous ces « petits-fils » répéteront, chacun dans son monde à œillères, leur attachement viscéral et authentique à l'indispensable et urgente unité nationale. Ces petits-fils libanais s'allieront avec d'autres « petits-fils » de la région, tout en refusant de déjeuner avec d'autres « petits-fils de la région», avant de rebattre les cartes des alliances et de revoir la liste des invités à table.
En 2100, détrônant l'Arabie saoudite, la Libye sera le nouvel enfant chéri, pétrolier et non démocratique, de l'Occident dans la région.
En 2100, la société civile, au bout du rouleau, proposera des sit-in contre l'immobilisme. À ce moment précis, l'on saura qu'on ne peut pas tomber plus bas.
Mais la prospective a cela de bon qu'elle ne présente qu'un scénario parmi tant d'autres. Demain peut, finalement, toujours être inventé.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef