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Économie - Liban - Industrie

Marché des médicaments : quelle place pour l’industrie locale ?

Le marché pharmaceutique local croît à un rythme régulier. Néanmoins, la part des importations dépasse largement la production locale, qui se développe encore timidement.
Avec une croissance de près de 4 % pour l'année 2009, selon Business Monitor International (société spécialisée dans le risque-pays, auteur d'un récent rapport sur l'industrie pharmaceutique libanaise), le marché des médicaments au Liban se développe encore lentement. Il représente environ 500 millions de dollars.
Mais contrairement aux autres pays de la région - comme la Syrie ou la Jordanie -, la part de l'industrie locale reste bien faible : de 8 à 10 %. Car ce sont bien les produits importés qui se taillent la part du lion. On recense à peine une demi-douzaine de fabricants locaux, alors qu'ils étaient deux fois plus nombreux avant la guerre civile. Le dernier-né des laboratoires libanais, Benta Pharmaceutical Industries, s'est lancé sur le marché en 2008.
Pour être compétitives, les sociétés pharmaceutiques libanaises jouent sur deux tableaux : elles produisent à la fois des médicaments sous licence et des médicaments génériques. Les premiers sont des médicaments élaborés par les grands laboratoires internationaux, mais dont la fabrication est sous-traitée au Liban. Leur conception sur place permet aux industriels libanais d'améliorer leur technique, de se familiariser avec les standards de qualité internationaux et aussi d'améliorer leur image de marque, puisqu'ils collaborent avec des laboratoires étrangers. Une partie de ces médicaments est de plus en plus souvent exportée vers d'autres pays voisins.

Le marché des génériques, un fort potentiel de croissance
L'autre production phare de l'industrie libanaise concerne les génériques. Ce sont des médicaments dont le brevet d'exploitation a expiré et dont la formule est tombée dans le domaine public. Ils peuvent donc être copiés par tous les laboratoires. « C'est un secteur où il existe de fortes opportunités de croissance. Le Liban ne fait là que suivre une tendance mondiale », souligne Nay Ghorayeb, responsable de la stratégie marketing de la compagnie pharmaceutique libanaise Algorithm. La croissance des génériques au Liban reste encore lente par rapport aux pays occidentaux. Ils représenteraient entre 10 et 20 % des ventes de médicaments, selon les estimations des différents industriels interrogés, même s'il n'a pas été possible de corroborer ce chiffre auprès du ministère de la Santé. Cette proportion reste faible alors que les génériques coûtent en moyenne 30 à 50 % moins cher que les médicaments d'origine. « Les esprits ne sont pas encore préparés aux génériques : les médecins ne les prescrivent pas nécessairement, les pharmaciens ne les conseillent pas tout le temps et la mentalité libanaise favorise plutôt les marques », soutient Fouad Fadel, directeur administratif de la société pharmaceutique libanaise Mediphar.
Les génériques locaux sont pourtant de bonne qualité, car de fréquents contrôles sont réalisés, notamment par le ministère de la Santé. Mais ils subissent la concurrence des grands laboratoires étrangers, qui produisent également des « génériques de marque », afin de défendre leurs produits tombés dans le domaine public. Et contrairement à ce qui se passe en Europe ou aux États-Unis, aucune politique spécifique n'a été mise en place par le gouvernement pour favoriser le développement des génériques, puisque tout médicament, qu'il soit de marque ou générique, est remboursé de la même manière par la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS).
D'une manière générale - aux dires des industriels locaux -, l'État libanais apporte relativement peu de soutien à la production libanaise. « Dans ses adjudications publiques, l'État ne favorise pas l'industrie locale, bien qu'une loi précise que si le prix du médicament libanais est jusqu'à 10 % plus cher que celui du médicament importé, il remporte l'offre. Il n'existe pas non plus de priorité pour les fabricants locaux dans l'enregistrement des produits », affirme Fouad Fadel.

Le marketing intensif des firmes internationales
Les sociétés pharmaceutiques locales doivent en outre faire face à la force de frappe commerciale des grandes multinationales, qui confient l'importation et la distribution de leurs produits à des agents locaux bien implantés. « Une cinquantaine d'importateurs de produits pharmaceutiques se partagent l'essentiel du marché, majoritairement européens, mais aussi américains », estime Myriam Aznavourian, chargée de communication pour Sanofi-Aventis. Le groupe français qui, selon les chiffres de la société IMS (qui analyse les statistiques sur les marchés pharmaceutiques dans 135 pays), occupe une position de leader avec environ 13 % de part de marché, dispose d'un bureau scientifique régional à Beyrouth qui emploie non moins de 175 personnes.
« Nous nous occupons de l'enregistrement des nouveaux produits et de la promotion de nos médicaments, notamment via des conférences, des campagnes de sensibilisation et en communiquant avec médecins et pharmaciens par le biais de notre département médical et de visiteurs médicaux », explique Myriam Aznavourian. La place accordée au marketing par les grands laboratoires étrangers fait souvent la différence avec les fabricants locaux. Les produits importés semblent donc avoir encore de beaux jours devant eux au Liban...

Lucien CHARDON
Avec une croissance de près de 4 % pour l'année 2009, selon Business Monitor International (société spécialisée dans le risque-pays, auteur d'un récent rapport sur l'industrie pharmaceutique libanaise), le marché des médicaments au Liban se développe encore lentement. Il représente environ 500 millions de dollars.Mais contrairement aux autres pays de la région - comme la Syrie ou la Jordanie -, la part de l'industrie locale reste bien faible : de 8 à 10 %. Car ce sont bien les produits importés qui se taillent la part du lion. On recense à peine une demi-douzaine de fabricants locaux, alors qu'ils étaient deux fois plus nombreux avant la guerre civile. Le dernier-né des laboratoires libanais, Benta...
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