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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

L’Irak accentue la pression sur la Syrie

L'Irak conditionne le retour à des relations normales avec la Syrie à l'extradition des personnes suspectées d'avoir commandité des attentats sur son sol.
« Une liste a été présentée plusieurs fois aux Syriens lors des réunions du comité mixte de sécurité, mais ils ont toujours fourni des réponses évasives. Maintenant, l'Irak n'acceptera plus ces réponses », a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh. « Nous allons demander par le biais des Nations unies et de nos relations bilatérales que ces personnes nous soient remises si la Syrie souhaite de bonnes relations avec nous », a-t-il ajouté. Ces « relations sont à la croisée des chemins. Soit le gouvernement syrien choisit d'avoir de bonnes relations avec l'Irak, soit il préfère protéger des personnes qui attaquent l'Irak », a-t-il insisté.
Les responsables irakiens sont ulcérés par la concomitance entre la visite la semaine dernière du Premier ministre Nouri al-Maliki à Damas et un double attentat-suicide au camion piégé à Bagdad le lendemain qui a fait 95 tués. Lors de cette visite, M. Maliki a exigé en vain une nouvelle fois, selon M. Dabbagh, que son voisin cesse d'être une base arrière pour les insurgés. Leur colère est d'autant plus grande que, selon les « confessions » télévisées d'un suspect, qui s'est présenté comme un responsable du parti Baas, il appartiendrait à la branche dirigée par Mohammad Younes al-Ahmad, qui serait basé en Syrie. Il aurait reçu les ordres de son chef direct Sattam Farhan, également présent en Syrie.
L'Irak a accusé « une alliance diabolique » de membres du Baas, le parti de l'ancien dictateur Saddam Hussein, et de membres de l'État islamique d'Irak, la branche irakienne d'el-Qaëda, d'avoir commis des attentats sanglants.
Depuis plusieurs années, les Irakiens et les Américains accusent Damas de laisser des jihadistes et des baassistes passer la frontière pour commettre des attentats. Mardi dernier, al-Bayane, un quotidien proche de M. Maliki, faisait remarquer qu'il « est peu probable que les services de renseignements syriens ne sachent pas ce que planifient les membres du parti Baas (irakien) dissous qui vivent à Damas ». Selon le porte-parole du gouvernement, l'Irak est allé jusqu'à proposer un « accord stratégique » privilégié avec son voisin à la condition que Damas lui remette les suspects et expulse « les organisations terroristes présentes sur son territoire ». « Les Syriens ont refusé », a encore souligné M. Dabbagh. Maintenant, « nous œuvrons sur le plan international pour faire savoir au monde entier que des crimes et des génocides sont lancés depuis certains pays de la région. La communauté internationale doit soutenir l'Irak pour arrêter ces crimes », a encore dit le porte-parole.
Face à ces accusations, la Syrie a répondu dans un communiqué être prête à accueillir une délégation irakienne qui devra lui fournir les « preuves sur les auteurs de l'attentat ». Sinon, a-t-elle ajouté, elle « considérera que ce qui est publié dans les médias irakiens n'est que des preuves fabriquées à des fins de politique intérieure ».
« Une liste a été présentée plusieurs fois aux Syriens lors des réunions du comité mixte de sécurité, mais ils ont toujours fourni des réponses évasives. Maintenant, l'Irak n'acceptera plus ces réponses », a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh. « Nous allons demander par le biais des Nations unies et de nos relations bilatérales que ces personnes nous soient remises si la Syrie souhaite de bonnes relations avec nous », a-t-il ajouté. Ces « relations sont à la croisée des chemins. Soit le gouvernement syrien choisit d'avoir de bonnes relations avec l'Irak, soit il préfère protéger des personnes qui attaquent...
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