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Liban

Hélou, Zahra et Zoghbi dénoncent les critiques de Fadlallah contre Sfeir

Le récent discours de l'uléma Mohammad Hussein Fadlallah lors d'un iftar du Hezbollah, dans lequel il critique sans le nommer l'appel du patriarche maronite Nasrallah Sfeir à former un gouvernement de la majorité, revenant même sur la thèse de « la majorité numérique », a suscité hier de vives réactions, comme on pouvait s'en douter.
Le député Henri Hélou, membre du Bloc démocratique, a déploré hier « les attaques contre l'autorité de Bkerké et du patriarche Sfeir ». Il a affirmé que « les positions affichées par le patriarche Sfeir sont d'envergure nationale par excellence, celui-ci n'ayant jamais glissé sur la voie du confessionnalisme et des considérations personnelles ». « Nous sommes étonnés et désolés que certaines autorités religieuses que nous respectons considèrent que la gloire du Liban a été donnée au peuple libanais, faisant nettement référence au patriarche, poursuit-il. Personne ne peut gommer l'histoire, et notamment ce qui a été dit sur la gloire du Liban donnée à Bkerké. »
Antoine Zahra, député des Forces libanaises (FL), a déclaré qu'il « aurait préféré ne pas commenter les paroles d'une autorité religieuse concernant une autre, surtout que l'uléma Fadlallah est connu pour sa sagesse et sa modération ». Il a toutefois estimé que « personne ne peut changer l'histoire ou la modifier », rappelant que « c'est à Bkerké qu'on doit la création d'une entité libanaise, et c'est Bkerké qui l'a défendue et continue à la défendre ». « Il n'est donc pas acceptable que le patriarche et le patriarcat soient la cible d'attaques virulentes, alors qu'ils n'ont pas une implication directe dans la politique, mais viennent surtout rappeler les constantes nationales et la nécessité de préserver la dignité de l'être humain, à quelque religion qu'il appartienne. » Le député a dit craindre qu' « il n'y ait derrière ces paroles une volonté de remettre en question l'accord de Taëf qui a consacré la parité, la coexistence et les constantes nationales ».
Ce sont « certains leaders chrétiens, par leurs attaques contre le patriarcat, leurs comportements et leurs prises de position, qui ont rendu acceptables de telles attaques contre le patriarche, et c'est dommage », a déclaré de son côté Joseph Maalouf, député de Zahlé. Il a déploré les attaques contre le patriarche, remarquant que « la rue chrétienne ne s'en est jamais prise à une autorité religieuse musulmane ».
Élias Zoghby, membre du rassemblement du 14 Mars, a considéré que les propos de sayyed Fadlallah sont « très graves », et a appelé « les forces politiques chrétiennes de la majorité, et surtout celles de la minorité, à en mesurer le contenu et l'objectif ». « Les paroles de sayyed Fadlallah ne sont pas simplement une réponse au patriarche Sfeir, a-t-il poursuivi. Elles lèvent le voile sur la réalité du projet politico-sécuritaire mené par le Hezbollah en tant que majorité dans la communauté chiite, et de par son lien organique avec un axe régional. Ce projet consiste à saper les bases du système politique, c'est-à-dire la parité entre chrétiens et musulmans, et l'équilibre confessionnel. Le but est de consacrer le concept de répartition du pouvoir par tiers, pour une étape de transition vers un régime où régnera une seule confession, un pouvoir que le Hezbollah agrémentera de certaines nominations partielles d'autres confessions, entre autres chrétiennes. » M. Zoghby a estimé que « le patriarche Sfeir a en tête la parité quand il appelle à adopter la formule de la majorité et de la minorité, de façon à éviter la tyrannie du nombre ».

Fadlallah : Empêcher la discorde
Pour sa part, l'objet de toutes ces critiques, sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, s'est exprimé une nouvelle fois hier à l'occasion de l'iftar annuel des « Mabarrat », qu'il parrainait cette année. Il a rappelé les dangers menaçant « l'unité musulmane » et a vu beaucoup de gravité dans les positions déclarées au Liban, « ces paroles qu'on entend parfois et qui jettent de l'huile confessionnelle sur le feu des dissensions politiques, sous des titres divers, ou dans l'affaire de la formation du gouvernement, ce qui constitue une menace directe contre la sécurité des musulmans au Liban, donc des Libanais en général ». Il a appelé « toutes les parties à assumer leurs responsabilités islamiques, chrétiennes ou nationales, afin que ceux qui s'accrochent à ces paroles arrêtent d'utiliser la dimension confessionnelle dans les conflits politiques ».
Sayyed Fadlallah a souligné que « la discorde, si elle éclate, n'épargnera aucun poste, ni aucune communauté religieuse ou politique ». Il a rappelé les circonstances de la crise irakienne, ajoutant que les chrétiens d'Irak sont ceux qui en ont payé le prix le plus cher. « C'est ce que nous ne voulons pas au Liban, d'où le fait que chacun doit assumer ses responsabilités pour faire échouer ceux qui veulent faire éclater la discorde », a-t-il affirmé.

Le récent discours de l'uléma Mohammad Hussein Fadlallah lors d'un iftar du Hezbollah, dans lequel il critique sans le nommer l'appel du patriarche maronite Nasrallah Sfeir à former un gouvernement de la majorité, revenant même sur la thèse de « la majorité numérique », a suscité hier de vives réactions, comme on pouvait s'en douter. Le député Henri Hélou, membre du Bloc démocratique, a déploré hier « les attaques contre l'autorité de Bkerké et du patriarche Sfeir ». Il a affirmé que « les positions affichées par le patriarche Sfeir sont d'envergure nationale par excellence, celui-ci n'ayant jamais glissé sur la voie du confessionnalisme et...
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