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Culture - A Posteriori

Des touristes par milliers

Nous avons tant prié, tant prié, qu'ils sont venus, qu'ils sont tous là, ces touristes. Par milliers. Ils ont envahi Beyrouth, le Liban tout entier. Trafics inextricables, soirées jusqu'à l'aube, champagne à flots, musique à gogo. Les fêtards sont heureux. De festivités en festivals, nous avons prouvé que nous étions un peuple qui exporte la joie de vivre. Mais nous n'avions pas besoin de tous ces chichis pour démontrer que nous étions des durs à cuire. Des irréductibles. Des résistants à la mort qui viendraient à bout de la grande faucheuse. Plus de vingt ans de guerre, plus de dizaines de milliers de victimes, plus de centaines de millions en destructions et, tout comme le Terminator, nous nous relevons, toujours debout. Mais ce que nous ne savions pas ou du moins ce que nous avions oublié et que nous l'a rappelé cette excellente journaliste qu'est Claude Abou Nader Hindi dans l'une de ses émissions intitulée Tahqiq sur la chaîne MTV, c'est qu'il y en a en nous quelque chose de ce Liban qui nourrit notre force. Ce Liban qui est notre essence, la formidable pâte dans laquelle nous sommes pétris depuis des millénaires et auquel nous devons savoir rendre hommage de temps à autre.
En moins de deux heures et au fil des images, de ce beau documentaire, Claude Abou Nader Hindi a réveillé la mémoire de ce pays qui recèle un autre tourisme que celui de fêtes. Plus silencieux, plus majestueux, plus immuable que sont sa flore, ses églises, ses vallées saintes, toutes ses richesses naturelles qui font de ce pays un lieu de pèlerinage exceptionnel, une destination unique. Pas nécessaire de faire la nouba tous les soirs, ni d'ouvrir des bouteilles de champagne à plus de 15 000 dollars pièce, ni encore d'exhiber toutes les postures de danse ou autres sur « Facebook » pour attirer les touristes. Le Liban est plus riche, plus solide, plus vivant car plus éternel que des nuits éphémères qui s'évaporent en bulles ou en fumée.
En arpentant les sentiers montagneux en compagnie de Nada Sardouk, directrice du ministère du Tourisme, ainsi que des présidents de municipalités des localités visitées et en nous montrant cet autre visage de notre pays, cette balade dans le temps menée par Abou Nader Hindi nous a fait prendre conscience combien, ô combien nous avions dévié du bon chemin qui était, après tout... le plus sain et le plus... simple. 
Nous avons tant prié, tant prié, qu'ils sont venus, qu'ils sont tous là, ces touristes. Par milliers. Ils ont envahi Beyrouth, le Liban tout entier. Trafics inextricables, soirées jusqu'à l'aube, champagne à flots, musique à gogo. Les fêtards sont heureux. De festivités en festivals, nous avons prouvé que nous étions un peuple qui exporte la joie de vivre. Mais nous n'avions pas besoin de tous ces chichis pour démontrer que nous étions des durs à cuire. Des irréductibles. Des résistants à la mort qui viendraient à bout de la grande faucheuse. Plus de vingt ans de guerre, plus de dizaines de milliers de victimes, plus de centaines de millions en destructions et, tout comme le Terminator, nous nous relevons, toujours...
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