« M. Maliki veut une réelle alliance nationale irakienne non pas dans les paroles mais dans le programme et la composition », a affirmé à l'AFP Ali al-Moussawi, un conseiller du Premier ministre. « Les invitations à rejoindre la coalition ne sont pas nouvelles et les points de divergences restent entiers », a dit ce conseiller. Selon lui, M. Maliki a réuni dimanche les participants potentiels à sa liste qui « représentent toutes les confessions ainsi que des libéraux, des laïcs, des islamistes et des chefs tribaux ». Une source parlementaire a par ailleurs indiqué à l'AFP que M. Maliki avait rencontré jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi des représentants de la nouvelle alliance chiite pour tenter de rapprocher les vues. « La réunion s'est achevée sans accord », a ajouté cette source.
M. Maliki veut constituer des listes avec des formations sunnites, notamment tribales, qui ont annoncé ces derniers jours leur soutien au Premier ministre comme dans la région d'al-Anbar (Ouest). Lors des élections de 2005, dans le sillage de l'invasion conduite par les États-Unis deux ans plus tôt qui avait renversé le régime baassiste de Saddam Hussein dominé par les sunnites, les chiites avaient fait cause commune afin d'accéder au pouvoir pour la première fois depuis la création de l'Irak. Les électeurs avaient voté sur des lignes de clivages purement confessionnelles ou ethniques et les partis laïcs avaient été balayés. La violence confessionnelle en 2006 et 2007 avait poussé cette division à son paroxysme avant de s'estomper avec la défaite des extrémistes tant sunnites que chiites.
« J'aurais espéré que seront avec nous aujourd'hui le parti Da'wa et Abdel Aziz Hakim », le chef du CSII, qui est hospitalisé en Iran pour un cancer, a affirmé le vice-président irakien Adel Abdel Mahdi. La nouvelle coalition remplace un précédent rassemblement de partis chiites constitué pour le scrutin législatif de 2005 et appelé « l'Alliance unifiée irakienne » (AUI). Cette coalition était dominée par le CSII, à l'époque la force chiite la plus importante, alors que le parti Da'wa de M. Maliki était réduit à la portion congrue. Elle était arrivée en tête des législatives avec 128 des 275 sièges du Parlement. « La volonté des participants est d'avancer vers le progrès et la construction de l'Irak. Nous espérons que nos frères du parti Dawa nous rejoindront et nous continuons à les inviter à participer à cette coalition », a déclaré de son côté l'ancien ministre Ahmad Chalabi. Pour les provinciales de janvier 2009, M. Maliki avait constitué ses propres « listes de l'État de droit », basées sur des principes nationaux et non confessionnels. Elles avaient fait mordre la poussière au CSII de Abdel Aziz Hakim, omnipotent dans les régions chiites.
Sur le terrain, au moins dix personnes ont été tuées et 19 blessées hier dans l'explosion de deux bombes magnétiques posées contre deux bus près de Kout, à 175 km au sud-est de Bagdad, a-t-on appris de source policière.

