Les flammes ne progressaient plus à Pikermi, en contrebas du mont Pentélique, dernier rempart avant les faubourgs d'Athènes. Plus tôt dans la journée, des habitations ont été frôlées par les flammes, mais les habitants n'ont pas cédé à la panique, selon un journaliste de l'AFP. Le feu avait aussi été maîtrisé à la mi-journée dans la région d'Agios Stéfanos, au nord de la capitale, où il faisait rage dimanche. Les pompiers ont contenu l'avancée des flammes dans la grande banlieue d'Athènes à Nea Makri, Ekali et Daou Penteli, où de vastes moyens ont été déployés pour sauver le monastère historique du Pantocrator.
Plus de 500 hommes et 132 véhicules sont sur place, ainsi que 300 soldats. Chypre a aussi annoncé l'envoi de 100 nouveaux pompiers en renfort, avec six véhicules, en sus des 42 hommes déjà envoyés dimanche, selon M. Kapakis. À la suite d'un appel lancé par la Grèce, deux avions italiens, quatre envoyés de France, un hélicoptère chypriote et un avion turc participent aux opérations, à titre d'aide bilatérale ou dans le cadre du mécanisme communautaire de protection civile. L'Autriche a aussi annoncé l'envoi de six avions et hélicoptères anti-incendie, et deux appareils espagnols sont attendus mardi. Par ailleurs, la Protection civile grecque a fait appel au service européen Safer de réponse aux urgences et aux catastrophes naturelles pour disposer d'images satellite permettant de suivre l'évolution de la situation sur le terrain et d'évaluer l'étendue des dégâts.
Dans un premier bilan provisoire des incendies dévastant l'Attique depuis samedi, le ministère de l'Environnement et des Travaux publics a chiffré à « environ 150 » le nombre d'habitations endommagées. Des équipes doivent entamer aujourd'hui l'inventaire exact des dégâts. Plus de 15 000 hectares de forêts ont aussi été dévastés, selon les autorités régionales. Le préfet d'Athènes, Yannis Sgouros, a évoqué à la radio une « indescriptible catastrophe écologique ».
Attisés depuis trois jours par des vents de force 7 sur l'échelle de Beaufort (de 50 à 60 km/h), ces incendies s'annoncent comme les plus graves depuis ceux d'août 2007, qui avaient fait 77 morts et ravagé plus de 250 000 hectares, principalement dans le Péloponnèse et sur l'île d'Eubée. La presse jugeait hier que les autorités « n'avaient pas tiré les leçons du passé » et qu'elles « n'avaient pas pris les mesures élémentaires de prévention ».
En province, un front actif restait préoccupant, près de Karystos, dans le sud de l'île d'Eubée (nord-est d'Athènes), où les flammes ravagent des forêts depuis samedi, selon la cellule des pompiers.

