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Sport - Athlétisme

Usain Bolt court au secours des Mondiaux

Sacré aux Jeux de Pékin, sauveur d'un athlétisme en crise de confiance, Usain Bolt a relancé à Berlin les championnats du monde en passe de tomber dans l'indifférence.
La décision d'organiser ce rassemblement tous les deux ans et non plus tous les quatre ans menaçait de le réduire au rang de meeting international un peu plus prestigieux que les autres.
Il était ainsi devenu difficile pour les non-spécialistes de se souvenir de Séville, Edmonton, Paris et Osaka.
Le souvenir de Berlin 2009 restera en revanche dans toutes les mémoires et pas seulement à cause de la piste bleue et de la magnifique rénovation du stade qui avait accueilli les Jeux olympiques de 1936.
Personne n'oubliera que cette enceinte, déjà théâtre des exploits de Jesse Owens, a été celle où un homme a couru pour la première fois le 100 mètres en 9''5 et des poussières.
Le 9''58 qui a flashé le 16 août lorsque Usain Bolt a franchi la ligne d'arrivée a taillé 11 centièmes de seconde - le double de la plus forte progression enregistrée depuis l'introduction du chronométrage électronique - à son propre record établi un an plus tôt, jour pour jour, à Pékin.
Personne n'oubliera non plus que quatre jours plus tard, le Jamaïquain a réitéré son exploit et abaissé le record du monde du 200 mètres à 19''19, retranchant aussi 11 centièmes au temps qu'il avait signé également un an jour pour jour à Pékin. « Je suis sur la piste de la légende », a carrément lancé Usain Bolt. Nombreux sont ceux qui sont du même avis.
Et nombreux sont ceux qui s'extasient sans retenue car le Jamaïcain accompagne ses performances d'une rare élégance de course, mais aussi de sourires, mimiques et pas de danse.

Kenenisa Bekele, l'autre star
Malgré quelques grincements de dents des « puristes » qui n'apprécient pas son goût du spectacle, Usain Bolt a fait sortir l'athlétisme d'une période où le sprint était une guerre froide menée par des athlètes bodybuildés, aux mâchoires éternellement crispées et au discours provocant.
Le Jamaïcain a donné un symbole de sa décontraction au lendemain de son 200 mètres triomphant et à la veille du relais 4x100 mètres qui lui a permis de rafler une troisième médaille d'or, comme à Pékin mais avec le record du monde en moins.
C'était le jour de son 23e anniversaire et il l'a fêté pendant une quarantaine de minutes avec les spectateurs du Stade olympique, signant des autographes, posant pour des photos. La piste d'entraînement a été ce jour-là l'endroit où il a été le moins visible.
Comme à Pékin, Usain Bolt a été le fer de lance du sprint jamaïcain qui a également raflé les titres du 100 mètres femmes, grâce à Shelly-Ann Fraser, auteur d'un doublé JO-Mondiaux, et les deux relais 4x100 mètres. Les États-Unis en ont été réduits à la portion congrue du 200 mètres femmes, chasse gardée depuis trois Mondiaux d'Allyson Felix.
Si l'on met de côté l'aspect spectacle, Kenenisa Bekele a été l'autre grand athlète de Berlin 2009. Comme Usain Bolt, l'Ethiopien détient désormais les titres de champion olympique et les records du monde des 5 000 et 10 000 mètres.
À 27 ans, il a égalé le record de quatre titres mondiaux consécutifs détenu par son compatriote Haile Gebrselassie, précédent roi des courses de fond, et il est devenu le premier à réussi le doublé à des championnats du monde.

Controverse autour de Semenya
Berlin 2009 a eu aussi sa controverse autour de la Sud-Africaine Caster Semenya. Quelques heures avant la finale du 800 mètres, la Fédération internationale a annoncé que la féminité de l'athlète de 18 ans faisait l'objet d'une enquête.
Caster Semenya a remporté le titre en ne laissant aucune chance à ses adversaires, mais elle n'a pas esquissé le moindre sourire sur la plus haute marche du podium. Sur un plan collectif, les États-Unis ont maintenu leur domination au tableau des médailles avec 22 trophées dont dix d'or, six d'argent et six de bronze devant la Jamaïque 13/7/4/2 et le Kenya 11/4/5/2.
La Russie, quatrième, est la première nation européenne avec 13/4/3/6. La France finit dans le ventre mou du classement.
Ses trois médailles, une d'argent et deux de bronze, acquises par Bob Tahri sur 3 000 m steeple et par les perchistes Romain Mesnil et Renaud Lavillenie la placent 20e ex aequo avec Trinité et Tobago.
Sacré aux Jeux de Pékin, sauveur d'un athlétisme en crise de confiance, Usain Bolt a relancé à Berlin les championnats du monde en passe de tomber dans l'indifférence.La décision d'organiser ce rassemblement tous les deux ans et non plus tous les quatre ans menaçait de le réduire au rang de meeting international un peu plus prestigieux que les autres.Il était ainsi devenu difficile pour les non-spécialistes de se souvenir de Séville, Edmonton, Paris et Osaka.Le souvenir de Berlin 2009 restera en revanche dans toutes les mémoires et pas seulement à cause de la piste bleue et de la magnifique rénovation du stade qui avait accueilli les Jeux olympiques de 1936.Personne n'oubliera que cette enceinte, déjà...
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