« Nous n'avons pas d'inconvénient à être au centre de la vie politique, a notamment déclaré M. Abou Faour, mais nous n'acceptons pas pour autant que notre position (le repositionnement de Walid Joumblatt) soit interprétée d'une manière erronée, volontairement ou involontairement, ou que l'on donne à cette position une portée démesurée. Walid Joumblatt n'a pas effectué un coup de force contre les forces du 14 Mars et il ne s'est pas livré à un retournement contre les résultats des élections législatives. Il a présenté une nouvelle vision des choses et a initié un débat à cet égard au sein du 14 Mars et au niveau de toutes les forces politiques libanaises. Walid Joumblatt ne s'est pas départi, et il ne se départira nullement de ses constantes indépendantistes. Walid Joumblatt ne s'est pas départi, et il ne se départira pas des aspirations et des espoirs de milliers de Libanais qui, d'année en année, ont afflué à la place des Martyrs pour revendiquer l'indépendance et la souveraineté du Liban. »
Et d'ajouter : « Walid Joumblatt n'a nullement l'intention de tourner le dos aux résultats des élections législatives, au mandat populaire (qui lui a été accordé lors du scrutin du 7 juin dernier), ni à tous les slogans dont nous avons été les principaux défenseurs. Walid Joumblatt n'accepte pas que la position concernant tel ou tel programme politique soit interprétée suivant l'humeur du moment. Malheureusement, au lieu d'engager le débat avec Walid Joumblatt, certaines parties ont entrepris de s'adresser à nous de manière condescendante ».
« Certains de ceux qui se lancent dans des théories ont pensé que les membres du PSP les appuyaient et n'appuyaient plus Walid Joumblatt, a souligné le ministre joumblattiste. Ils ont pensé que les partisans de Walid Joumblatt l'avaient abandonné et que cela constituait ainsi un moyen de pression pour influer sur la position de Walid Joumblatt. Nous soulignons d'abord que nous sommes une partie intégrante de la majorité parlementaire formée de 71 députés. Nous faisons aussi partie de la majorité gouvernementale, c'est-à-dire nos trois ministres (dans le gouvernement en gestation) font partie des 15 ministres (représentant la majorité au sein du futur cabinet). Nous ne renions pas et nous n'oublions pas ni les constantes indépendantistes, ni les revendications indépendantistes, ni le mouvement indépendantiste, ni le choix des électeurs, tel qu'il s'est exprimé lors des dernières élections législatives. Mais nous estimons que nous nous trouvons face à une nouvelle étape qui nécessite une nouvelle vision et une nouvelle lecture (de la situation). Nous désirons que la position de Walid Joumblatt soit perçue par chacun des deux camps (le 14 Mars et le 8 Mars) comme un sujet à débattre par toutes les forces politiques. Au lieu que cette position soit attaquée par tel camp ou qu'elle soit exploitée par tel autre camp pour avoir un avantage sur la partie adverse, elle aurait dû être discutée avec un esprit ouvert. »
Retrouver Joumblatt à mi-chemin
« Nous voulons abolir les barricades politiques, confessionnelles et sectaires dans le pays, a ajouté M. Abou Faour. Nous ne voulons pas que notre position constitue une nouvelle barricade utilisée par certaines parties pour ouvrir le feu sur la faction adverse. Si d'aucuns manifestent de l'enthousiasme au sujet de l'attitude de Walid Joumblatt, ils devront auquel cas le rejoindre à mi-chemin. Walid Joumblatt n'est pas le seul à devoir faire un choix rationnel, il n'est pas le seul à devoir faire une lecture critique de la situation. Il faut le retrouver à mi-chemin pour débattre sereinement de ses prises de position. »
« D'aucuns se demandent pourquoi Walid Joumblatt évoque à nouveau l'arabité et la Palestine, a poursuivi Waël Abou Faour. Ceux-là veulent peut-être que Walid Joumblatt renie son histoire et son passé, et qu'il accepte que les options justes impliquent de rompre avec l'histoire et le passé de Kamal Joumblatt et du PSP. Nous sommes conscients du fait que la Palestine a besoin de nous, mais nous sommes aussi conscients du fait que nous avons besoin, de notre côté, de la Palestine et de l'arabité, car nous avons besoin d'une appartenance et d'une allégeance qui dépassent toutes les appartenances et toutes les allégeances de manière à atténuer les dissensions. »
« Une fois de plus, nous répétons que nous faisons partie de la majorité parlementaire et de la majorité gouvernementale, a encore déclaré M. Abou Faour. Nous continuons à soutenir le président Saad Hariri. Si nous adoptons une attitude propre à nous, cela ne signifie pas que nous acceptons que certaines parties exploitent cette position pour enregistrer un avantage dans le bras de fer portant sur la formation du gouvernement. Nous n'acceptons pas que le Premier ministre désigné soit affaibli. Il est temps de sortir de l'impasse ministérielle et de lever tous les obstacles sur ce plan, qu'ils soient artificiels ou réels, qu'ils soient à caractère général ou personnel. Il ne faut pas limiter la patrie à certaines personnes ou certaines revendications personnelles susceptibles d'entraver la vie politique dans le pays. »
En conclusion, M. Abou Faour a souligné que le processus de réconciliation ne devrait pas se limiter à une seule faction, mais devrait s'étendre à toutes les parties et figurer en tête des priorités du nouveau gouvernement.

