L'objectif de la visite, a expliqué M. Bou Faour à la presse, est de transmettre au patriarche « un double message » du chef du PSP, Walid Joumblatt : « Le premier est un message de respect pour Bkerké et pour le chef de l'Église maronite, le second confirme notre attachement à la réconciliation de la Montagne qui a eu de nombreux effets positifs, que ce soit au niveau des relations entre les Libanais, de la consolidation de la liberté de décision nationale ou du rétablissement du système démocratique. »
M. Bou Faour a souligné qu'il est du devoir de toutes les parties locales, quels que soient leurs orientations ou leurs points de vue, de « préserver cette réconciliation et la tenir à l'abri des tiraillements et des divergences politiques ». Selon lui, la réconciliation de la Montagne doit être « le prélude à des retrouvailles nationales ». « D'où, a-t-il ajouté, la nécessité de former un gouvernement et d'aplanir tous les obstacles réels, artificiels, personnels ou publics qui se posent devant la mission du Premier ministre désigné, Saad Hariri ».
De son côté, dans une déclaration à la Voix du Liban, le député Fouad el-Saad a indiqué que la visite de la délégation au patriarche vise à « détendre le climat entre Dimane et Moukhtara ». Il a réaffirmé son scepticisme quant à la formation du gouvernement, faisant état d'une crise de pouvoir et accusant l'opposition, sans la nommer, de vouloir « renverser le régime en inventant des conditions et des obstacles pour empêcher la formation du cabinet ». Il s'en est pris particulièrement au général Michel Aoun, critiquant sa « rhétorique » et dénonçant « une mascarade ». « Nous traitons avec des malades qui ont besoin d'être maintenus dans un asile et non pas dans une villa », a déclaré M. Saad.

