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Culture - Exposition

Le fil d’Ariane tendu par Yolande Labaki…

Vingt-cinq toiles qui revisitent la mémoire et ses méandres à la foire de Faqra. Écriture picturale originale et moderne pour débusquer le noir et le blanc des souvenirs. Une exposition placée sous le signe du fil d'Ariane, signée Yolande Labaki.
Le regard pétillant, toute menue dans une marinière rayée grise et noire, d'une débordante activité, la frange lisse à la Juliette Greco lui rongeant le front, Yolande Labaki, malgré un âge vénérable, n'en est pas moins d'un enthousiasme parfaitement juvénile. Surtout dans le sens d'une créativité sans limite qui ne connaît ni redondance ni paresseuse
répétition.
Depuis ses premières expositions (le Palais des beaux-arts à Bruxelles en 1974) jusqu'en 2007 où son «Archéologie et chocolat» à l'hôtel Mariott à Londres, avec sa complice sous les spots, la pâtissière Danièle Maupertuis, fait un tabac en conjuguant plaisir des yeux et du palais (de l'inédit dans le monde de la peinture), Yolande Labaki est une artiste qui sait traquer la beauté là où on l'attend le moins...
En empruntant à son programme de présentation à la foire de Faqra (jusqu'au 16 août) une exergue de Voltaire («Ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire »), Yolande Labaki aborde les plages sablonneuses ou couvertes de caillasses, entre ombre et lumière, de la mémoire.
Pour triompher des pièges et des oubliettes de la mémoire, c'est avec une savoureuse candeur qu'elle se réfère au mythe de Thésée et du Minautore, où le victorieux fil d'Ariane permet de se dépatouiller d'un fatal labyrinthe où les chemins sans issue se croisent et se décroisent à l'infini...
Sans céder à l'anecdote facile ou aux historiettes linéaires, sans plonger dans les oiseux détails de la biographie ou de l'autobiographie, l'artiste trace des diagrammes, des puzzles, des innervations tendues et serrées, des sortes de cartes de jeux de Monopoly où elle explore, avec talent, le monde abstrait de la mémoire. Figuration mémorielle aux images insolites, mais perceptibles, éloquentes.
Elle interroge ses neurones et ses souvenirs par le biais d'images semi-abstraites où le monde de l'ordinateur, avec ses filaments, ses tracés complexes, ses tours, ses détours et ses nervures électriques, s'érige en un réseau complexe et riche, en un canevas aux phosphorescences interprétables, lisibles. Mais il y a là aussi un lyrisme brusquement surprenant, au dire absolument contemporain. Un lyrisme alliant paradoxalement circuits électroniques et scintillements de la mémoire en un sinueux et serpentin miroir où les flashes des images suggérées se
télescopent...
Des toiles colorées, résolument modernes dans leurs concept et énoncé. Des toiles traduisant, entre mixed médias, acryliques et diverses associations d'éléments pour des collages surprenants (pellicules de films, rondelles argentées ou dorées, filasse, photos jaunies par le temps, matière récupérée de tous crins), une fervente quête des images de la mémoire. La mémoire, sombre ou lumineuse, dans ses innombrables états de tristesse ou de gaieté, d'espoir ou de mélancolie.
Paysages abstraits pour un labyrinthe qui habite tous les êtres vivants. Mais pour Yolande Labaki, qui a opté pour une expression presque ludique, la question n'est pas de livrer des secrets ou de faire des confidences. Pour cet inconscient collectif où chacun peut se reconnaître comme à travers un miroir, voilà, à profusion, des paysages abstraits qui s'entrecroisent et se font écho...
«C'est une incursion en soi pour une issue victorieuse que cette exposition, souligne Yolande Labaki. C'est un message optimiste, si message il y a...»
Le regard pétillant, toute menue dans une marinière rayée grise et noire, d'une débordante activité, la frange lisse à la Juliette Greco lui rongeant le front, Yolande Labaki, malgré un âge vénérable, n'en est pas moins d'un enthousiasme parfaitement juvénile. Surtout dans le sens d'une créativité sans limite qui ne connaît ni redondance ni paresseuse répétition. Depuis ses premières expositions (le Palais des beaux-arts à Bruxelles en 1974) jusqu'en 2007 où son «Archéologie et chocolat» à l'hôtel Mariott à Londres, avec sa complice sous les spots, la pâtissière Danièle Maupertuis, fait un tabac en conjuguant plaisir des yeux et du palais (de...
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