Beaucoup d'entreprises, notamment high-tech, ne se visitent que sur réservation, comme c'est le cas chez l'avionneur Airbus à Saint-Nazaire, où il faut réserver 48 heures à l'avance, plan Vigipirate oblige. La famille Cazeneuve, venue de Laon (Aisne), ne regrette pas ses deux heures de visite du site qui construit des tronçons d'avion, mue par la curiosité du fils, Pierre-Marie, 16 ans. « Ce qui m'intéresse, c'est de découvrir tout le processus de conception et de fabrication qu'il y a derrière les objets », explique l'adolescent qui se dit tenté par des « études économiques ou commerciales ». « Et ça change des musées... », renchérit sa mère.
À Bouin, sur le chemin des plages vendéennes, les visiteurs peuvent, eux, venir librement admirer le champ d'éoliennes EDF. « L'été, nous avons jusqu'à 1 000 personnes par jour qui s'arrêtent ici », se félicite Patrice Baldau, chargé des visites guidées. « Elles s'intéressent souvent aux énergies renouvelables mais ont souvent des a priori du type "une éolienne, ça fait du bruit". Elles repartent donc agréablement surprises », souligne-t-il.
Le désir de transparence pousse aussi beaucoup de sites, notamment agroalimentaires, à ouvrir leurs portes au grand public. « Les gens sont de plus en plus intéressés par la découverte du fonctionnement des usines agroalimentaires, probablement pour en savoir un peu plus sur ce qu'ils ont dans leur assiette », analyse Lara Barreteau-Poulain, chargée de communication du boulanger industriel La mie câline dont l'unique site de production, installée à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), ouvre ses portes au grand public.
Pour beaucoup de PME, souvent artisanales, il s'agit également, au travers de ces visites, d'arrondir le chiffre d'affaires ou encore de promouvoir leur activité. C'est le cas de Boris Le Bec, exploitant agricole à Guidel (Morbihan) spécialisé dans l'élevage d'autruches dont il commercialise la viande. « En été, on reçoit jusqu'à 200 personnes par jour ! » se réjouit l'éleveur. Et ces visites payantes, souvent suivies d'achats en boutique, représentent 10 % de son chiffre d'affaires (800 000 euros en 2008).
Même chez Petiot, fabricant vendéen de baby-foot et billards qui emploie 12 personnes, on revendique cet aspect « promotionnel ». « C'est pour avoir dans l'avenir une clientèle intéressée que j'ai initié ces visites », avoue l'ancien PDG André Petiot, dont le fils a pris la suite. Selon la Chambre de commerce et d'industrie des Pays de la Loire, région en pointe en matière de tourisme industriel, plus de 7 millions de personnes visitent chaque année une entreprise en France, pour une grande part en été.

