Selon lui, un complot en vue de mener une « révolution de velours » contre la République islamique avait été fomenté après la présidentielle contestée du 12 juin, remportée par l'ultraconservateur Ahmadinejad. « Quel est le rôle de Khatami, Moussavi et Karoubi dans ce coup d'État ? S'ils en sont les instigateurs, et c'est le cas, les responsables de la justice et de la sécurité doivent les arrêter, les juger et les punir », a dit M. Javani dans un article publié dans Sobhe Sadegh, hebdomadaire du bureau politique des gardiens de la révolution.
Un autre responsable, le général Massoud Jazayeri, adjoint du chef de l'état-major chargé des questions culturelles et de la propagande, a demandé de son côté que des mesures soient prises contre « les chefs du complot », sans citer de noms. « Les citoyens, mais aussi les éléments vendus (aux étrangers) et les instigateurs de ce complot, attendent de voir comment (le pouvoir) agira contre les chefs du coup d'État », a-t-il dit, cité par l'agence officielle IRNA. « Le jugement des principaux instigateurs des troubles récents aura un rôle déterminant pour neutraliser les éventuels complots à l'avenir. »
MM. Khatami, Moussavi (conservateur modéré) et Karoubi (réformateur), tous deux ex-candidats à la présidentielle, ont demandé l'annulation du scrutin, en dénonçant des fraudes. D'importantes manifestations de protestation ont eu lieu et une trentaine de personnes ont péri dans les violences, selon les autorités. Mercredi dernier, jour de l'investiture de M. Ahmadinejad pour un second mandat de quatre ans, M. Moussavi a affirmé que les arrestations de manifestants (quelque 200 restent détenus) n'empêcheraient pas la poursuite de la contestation.
M. Jazayeri a souhaité « davantage de contrôle sur les ambassades » au lendemain du procès de la jeune lectrice de français Clotilde Reiss et de deux employés locaux des ambassades britannique et française accusés d'implication dans les troubles.
La presse conservatrice a dénoncé le rôle présumé des pays étrangers dans ces protestations. « Dans l'acte d'accusation, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont été désignées comme les soutiens (de la tentative de) renversement en douceur » du pouvoir, affirme le quotidien Tehran-e-emrouz. « L'ambassade britannique, siège du commandement du coup d'État », titre le quotidien Iran qui publie un cliché de l'Iranien Hossein Rassam, principal analyste politique de l'ambassade de Grande-Bretagne, inculpé d'espionnage.
Clotilde Reiss a comparu samedi au côté d'une dizaine de personnes jugées pour leur rôle présumé dans les protestations. Elle a dit, selon IRNA, avoir rédigé un rapport sur des manifestations pour un institut dépendant de l'ambassade de France, et demandé pardon lors du procès réservé à des journalistes iraniens. Mais le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, qui a exigé la libération de Mlle Reiss, a affirmé qu'elle n'avait envoyé qu'« une note très brève au directeur de l'Institut de recherches iraniennes ».
Dans un entretien à la chaîne CNN, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a dénoncé des « procès-spectacles ». Elle a indiqué que son pays avait fait « beaucoup en coulisses » pour soutenir les contestataires en Iran. « Et nous continuons de soutenir l'opposition », a-t-elle ajouté.
Enfin, Arash Naimian, le fils de l'employée locale de l'ambassade de France Nazak Afshar qui a comparu samedi à Téhéran avec Clotilde Reiss, a dénoncé des « aveux » forcés et fondé ses espoirs sur l'action des autorités françaises.


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