Évoquant notamment son expérience au sein du ministère des Télécoms, M. Bassil a d'abord évoqué au chapitre de ses réalisations « la baisse des tarifs des communications de la téléphonie mobile, pour la première fois dans l'histoire de ce secteur au Liban », ainsi que « l'amélioration des services du téléphone cellulaire », en sus de l'introduction de nouvelles technologies. Abordant le volet politique de l'expérience du CPL au sein du gouvernement, M. Bassil a affirmé que « la présence d'un courant réformateur au niveau du pouvoir exécutif n'est pas bien perçue, à l'instar de la présence du général Michel Aoun à la présidence de la République, car les objectifs proclamés du Courant patriotique libre sont incompatibles avec la raison d'être de l'équipe au pouvoir ». « D'où la volonté d'isoler et d'éliminer, à la première occasion, ce courant réformateur », a-t-il déclaré.
M. Bassil a, par ailleurs, fait allusion implicitement au veto imposé à son retour au gouvernement, soulignant que ce veto « ne vise pas une personne, mais il vise la pensée du général Aoun, le projet du Courant patriotique libre, le modèle et le rêve ». « D'aucuns pourraient affirmer que le slogan de la lutte contre la corruption n'a pas porté ses fruits sur le plan électoral et n'a pas été rassembleur, a souligné M. Bassil. Mais sans la lutte contre la corruption, notre projet et l'édification de l'État seraient dans l'impasse. Il n'est pas envisageable de s'accommoder de la corruption. De la même manière, la résistance n'aura aucun sens si ses sacrifices ne débouchent pas sur l'édification de l'État et de ses institutions, et l'indépendance n'aura également aucun sens si elle n'aboutit pas à des institutions affranchies de la corruption. »
Sur un autre plan, M. Bassil a déploré que la politique économique du gouvernement ne soit pas basée sur le développement des secteurs productifs, tels que l'industrie et l'agriculture. Il a également dénoncé la politique de privatisation de certains services publics, tels que l'électricité, l'eau et les télécommunications « sous prétexte que l'État est un mauvais gestionnaire ».
En conclusion, le ministre sortant des Télécoms s'est élevé contre le clientélisme politique au sein de l'administration publique, déplorant que certaines parties ne sachent pas faire la distinction entre la gestion ministérielle et les considérations politiques.

