Mais les choses ont changé en juin, avec la levée par Israël d'un certain nombre d'obstacles au trafic vers la principale ville palestinienne du nord de la Cisjordanie, alors que la police palestinienne ramenait la sécurité.
« Maintenant je me rends chaque jour à Naplouse et mes ventes ont augmenté de 50 % », se félicite Ahmad, un marchand de miel et fromages, habitant de Salem, à sept kilomètres de Naplouse, un haut lieu de la résistance à l'occupation israélienne durant l'intifada.
Il y a quelques mois encore, l'agglomération urbaine de 170 000 habitants était durement affectée par six barrages militaires filtrant sévèrement le trafic sur les principaux axes routiers.
« Tous ces produits viennent de Chine via les ports israéliens de Haïfa et d'Ashdod », explique Ahmad Hani devant un amoncellement de shampoings multicolores, dans sa pharmacie qui ne désemplit pas.
Le retour au calme dans la ville sous contrôle de la police de l'Autorité palestinienne après avoir été parfois le théâtre d'affrontements entre des bandes armées palestiniennes est un autre facteur d'amélioration.
Le chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) pour les territoires palestiniens, Oussama Kanaan, a déclaré récemment que « la poursuite de la levée des restrictions (par Israël) pourrait aboutir à une croissance du PIB de 7 % en 2009.
Ce serait la première amélioration significative dans les conditions de vie en Cisjordanie depuis 2006 ».
Le gouvernement israélien de droite dirigé par Benjamin Netanyahu a annoncé, après son entrée en fonctions le 31 mars, un train de mesures favorisant le développement économique des Palestiniens en Cisjordanie occupée, alors que les attaques anti-israéliennes ont quasiment cessé ces derniers mois.
Israël a ainsi levé des barrages routiers, mais il en reste toutefois plus de 600 selon l'ONU, et plus de 500 selon une source militaire.
Israël a également allégé le bouclage autorisant 75 000 ouvriers palestiniens de Cisjordanie à travailler en Israël et un millier de commerçants à s'y rendre.
Toutefois, le taux de chômage reste élevé avec 20 % en Cisjordanie contre 34 % dans la bande de Gaza, sous contrôle du mouvement islamiste Hamas.
Le gouvernement israélien table sur cette embellie économique pour maintenir le calme en Cisjordanie en l'absence d'accord politique, tout en admettant qu'une « paix économique » n'est pas un substitut à un règlement de paix.
Par ailleurs, la relance en Cisjordanie - sous occupation israélienne en dépit de l'existence de zones autonomes palestiniennes et qui compte une population de plus de 2 millions de Palestiniens - est censée contraster avec la situation calamiteuse de la bande de Gaza, coupée du reste du monde par le blocus israélien.
L'Autorité palestinienne quant à elle met en garde régulièrement contre l'illusion consistant à croire que les Palestiniens renonceraient à leurs objectifs nationaux, l'indépendance, avec Jérusalem-Est comme capitale.
Côté israélien, le quotidien libéral Haaretz estimait cette semaine que la relance tenait essentiellement au fait que « 100 000 fonctionnaires de l'Autorité palestinienne ont leurs salaires payés par des contribuables américains et européens ».
Leigh BALDWIN (AFP)

