Brand Central souligne qu'à ce classement devrait s'ajouter une campagne inspirée de la conjoncture économique actuelle visant à promouvoir le Liban comme l'un des rares pays ayant survécu au grand tsunami engendré par la crise mondiale. Cela pourrait attirer, selon le rapport, non seulement des touristes ordinaires, mais aussi un grand nombre d'hommes d'affaires. La transformation du Liban en une destination d'affaires est d'ailleurs la recommandation principale découlant du rapport publié par le cabinet. Celui-ci conseille à cette fin la création de nouvelles divisions au sein de l'administration publique qui seraient chargées exclusivement de contribuer au développement de projets susceptibles d'attirer davantage de visiteurs appartenant au monde des affaires.
Le rapport souligne enfin le rôle crucial que peuvent jouer les personnalités politiques et les artistes libanais pour mieux promouvoir leur pays à l'étranger.
Le « boom » de l'activité hôtelière
L'absence d'un marketing agressif visant à promouvoir le Liban à l'étranger n'a toutefois pas empêché le Liban de réaliser cette année des résultats encourageants au niveau de l'activité touristique, et ce en dépit du contexte de crise mondiale. En effet, selon une enquête récemment publiée par le cabinet Deloitte & Touche sur le secteur hôtelier au Moyen-Orient, toutes les destinations de la région ont vu leur activité hôtelière ralentir au cours du premier semestre 2009, à l'exception d'Abou Dhabi, Djeddah et Beyrouth. Selon l'enquête, le taux d'occupation des hôtels au Moyen-Orient a ainsi baissé en moyenne de 10,9 % au cours des six premiers mois de l'année tandis que les revenus par chambre disponible ont reculé de 17,2 %. Parmi les destinations les plus affectées, figure notamment la ville de Mascate où le taux d'occupation des hôtels a chuté de 21,7 % et les revenus par chambre disponible de 16,6 % entre janvier et juin 2009. L'émirat de Dubaï a également été largement secoué par la crise, notamment en termes de rentabilité, les hôtels ayant subi une chute de 35 % de leurs revenus au premier semestre de l'année et une baisse de 12,9 % du taux d'occupation, ajoute l'étude.
Contrastant avec ces résultats négatifs, les hôtels de la capitale libanaise ont en revanche connu un essor particulier au cours des six premiers mois de 2009 en dépit du contexte de crise, souligne l'enquête. Beyrouth a en effet raflé la première place au Moyen-Orient en termes de croissance, le taux d'occupation des hôtels et les revenus par chambre disponible ayant respectivement augmenté de 69,4 % et de 125,2 % jusqu'à fin juin. Cela est le résultat d'un important flux de touristes au cours des six premiers mois de l'année - conforté par le maintien de l'accalmie politique et le déroulement des élections dans un climat démocratique - mais également des faibles résultats enregistrés durant les mois de référence. La scène locale avait été en effet marquée au premier semestre 2008 par une série d'attentats et de heurts intercommunautaires ayant largement sanctionné l'activité touristique ainsi que l'ensemble de l'économie du pays.
Sur le plan régional, l'enquête souligne, en parallèle, la résilience de Djeddah, l'une des villes les plus convoitées du royaume wahhabite, et d'Abou Dhabi face à la crise. Les revenus des hôtels des deux destinations ont en effet respectivement augmenté de 11,5 % et de 3,2 % au cours du premier semestre de l'année.
Rappelons enfin que dans une précédente enquête, le cabinet Deloitte & Touche avait affirmé que la contribution du secteur touristique au PIB mondial devrait reculer de 3,6% en 2009.

