Volkswagen fait ainsi mieux que ses concurrents qui affichent des pertes sur la période sous revue, à l'instar des français Renault et PSA ou encore du japonais Toyota, que l'allemand veut à terme détrôner de la première place mondiale au classement des constructeurs.
Le généraliste a profité de la prime à la casse pour l'achat d'une voiture neuve, qui dope en particulier les ventes en Allemagne.
Mais il bénéficie aussi de la reprise en Chine, où il a vendu à fin juin plus de voitures que dans sa patrie, et dans les autres grands pays émergents comme le Brésil et l'Inde.
Enfin la résistance à la crise de sa filiale haut de gamme Audi, qui fête son centenaire cette année, a été un soutien précieux, de même que le lancement de nouveaux modèles, comme la nouvelle génération de la Golf ou le véhicule utilitaire sportif (SUV) de Audi Q5.
Au premier semestre, le groupe aux neuf marques a livré 3,1 millions de véhicules, soit une baisse de 4,4 % sur un an. Le chiffre d'affaires a, lui, reculé de 9 %, à 51,2 milliards.
Au niveau opérationnel, Audi est restée la vache à lait du groupe, avec un bénéfice de 823 millions sur six mois, presque quatre fois plus que celui des voitures particulières VW (216 millions). Seat a souffert de plein fouet de la débandade du marché automobile espagnol : la filiale a enregistré une perte de 159 millions.
Pour l'ensemble de 2009, VW a maintenu ses prévisions : il mise sur un recul, non quantifié, de son chiffre d'affaires et de son résultat, mais compte dégager un bénéfice.
L'année suivante s'annonce également difficile, avec une reprise mondiale très molle, voire stagnante, a estimé Hans Dieter Pötsch, directeur financier, lors d'une conférence d'analystes. Certains marchés dopés par des aides gouvernementales vont connaître un retour de bâton.
Cette année, le marché allemand devrait ainsi atteindre environ 3,7 millions de véhicules vendus, l'an prochain, le volume « devrait retomber autour de 2,6 à 2,8 millions », a détaillé le directeur de ventes Detlef Wittig.
M. Pötsch n'a pas voulu donner plus de détails sur le concept en préparation d'un groupe automobile intégré avec Porsche, qui doit être présenté le 13 août. VW s'apprête à racheter les activités automobiles de son compatriote surendetté pour un montant estimé dans la presse à environ 8 milliards d'euros.
À l'origine, le constructeur de luxe devait s'emparer de VW, mais le plan a échoué et les deux groupes vont fusionner sous la férule du généraliste.
Il a seulement rappelé qu'une augmentation de capital par VW pour financer son acquisition n'était pas d'actualité. Mais il a aussi dit que l'entreprise n'était pas prête « à faire de compromis sur sa notation financière », qui lui permet d'accéder à des financements à de meilleures conditions.
Les experts pensent que VW devra lever de l'argent sur les marchés s'il veut conserver sa notation, même si ses liquidités sont confortables et ont de nouveau augmenté pour atteindre 12,3 milliards d'euros au 30 juin.
La Bourse de Francfort a réagi avec enthousiasme aux chiffres à fin juin, « fabuleux étant donné la crise économique mondiale », a estimé Frank Schwope, analyste chez NordLB.


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