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Moyen Orient et Monde - Conflit

Nouvelle journée de combats entre les talibans nigérians et l’armée

Malgré les assurances du chef de l'État, les affrontements entre forces de l'ordre nigérianes et islamistes « talibans » semblent devoir se poursuivre dans les jours à venir.

Plus de 300 personnes ont péri depuis dimanche dans le nord-est du Nigeria lors d'affrontements entre forces de l'ordre et islamistes radicaux, dont 43 pour la seule journée d'hier dans l'État de Yobe, selon des sources policières. Les nouvelles victimes ont été tuées près de Potiskum (sud de Yobe), a indiqué un policier sous le couvert de l'anonymat. « Les 43 dépouilles mortelles sont en route vers le commissariat de police central de Damaturu », capitale de cet État, a-t-il déclaré à l'AFP. Auparavant, un autre policier annonçait 30 morts. « Ils ont jusqu'à présent été tués à Hawan Malka », une localité proche de Potiskum, a affirmé ce policier. « Tout le monde est à l'abri, les rues sont vides », a-t-il poursuivi.
Tous les morts se répartissent dans quatre États du Nord, Yobe et Bauchi avec 55 morts, mais également à Borno et Kano, selon les chiffres transmis par la police depuis lundi. Les combats ont repris dans cette zone où « des troupes avaient été déployées hier (mardi) », selon un habitant. Le bilan des victimes dans les quatre États risque de s'alourdir.
Un correspondant de l'AFP a vu mardi dix dépouilles mortelles déposées au commissariat central de Maiduguri (Borno) et trois « talibans » capturés être exécutés par des soldats. Hier, ce journaliste a vu encore dix cadavres de combattants, tués le jour même, être entreposés à ce commissariat. Dans cette ville où les combats faisaient fait rage mardi, les tirs d'obus de mortier avaient repris hier, selon des témoins. Selon des sources policières, les affrontements se déroulaient dans cinq quartiers, les plus intenses étant à Bayan, où le dirigeant des « talibans », Mohammad Yusuf, et ses hommes se seraient retranchés. Il aurait échappé aux tirs d'obus de mortier qui ont démoli sa maison la veille. Un policier de Maidaguri interrogé par l'AFP a estimé que les combats se poursuivraient dans les jours à venir. « Plus de 3 000 personnes qui ont fui leur domicile dans le quartier de Bayan se sont réfugiées dans les casernes militaires de Maimalari. Ce sont essentiellement des chrétiens », a précisé à l'AFP un policier de Maiduguri. Dans le Yobe, les heurts se concentraient désormais dans la forêt de Daura, aux environs de Potiskum. Des membres de la secte s'y seraient cachés, selon la police.
Avant son départ mardi pour le Brésil, le président Yar'Adua affirmait que « d'ici à la fin de la journée, tout serait rentré dans l'ordre » à Maiduguri. La situation est globalement « maîtrisée » dans cette région, avait-il assuré. Les violences avaient éclaté dimanche matin, quand des islamistes « talibans » - une secte nommée en haoussa « boko haram » (l'éducation occidentale est un péché) - ont tenté d'attaquer un poste de police dans l'État de Bauchi. Elles se sont ensuite propagées à la région. Le chef de l'État, originaire du Nord, a décrété lundi « l'alerte totale » et fait dépêcher des renforts.
La secte « Taliban » s'est fait connaître en 2004. Composée essentiellement d'étudiants en rupture d'université, elle comptait alors une vingtaine de membres. Sa dimension actuelle est inconnue. À l'instar de l'ancien régime taliban afghan, elle veut instaurer un État « islamique pur » dans le nord de la fédération. Depuis cinq ans, de nombreux affrontements ont eu lieu avec les forces de l'ordre, mais les derniers sont les plus lourds.
Le nord du Nigeria, un pays fédéré d'au moins 140 millions d'habitants, est majoritairement musulman et le Sud majoritairement chrétien. Douze États septentrionaux ont instauré la charia (loi islamique) depuis 2000.
Plus de 300 personnes ont péri depuis dimanche dans le nord-est du Nigeria lors d'affrontements entre forces de l'ordre et islamistes radicaux, dont 43 pour la seule journée d'hier dans l'État de Yobe, selon des sources policières. Les nouvelles victimes ont été tuées près de Potiskum (sud de Yobe), a indiqué un policier sous le couvert de l'anonymat. « Les 43 dépouilles mortelles sont en route vers le commissariat de police central de Damaturu », capitale de cet État, a-t-il déclaré à l'AFP. Auparavant, un autre policier annonçait 30 morts. « Ils ont jusqu'à présent été tués à Hawan Malka », une localité proche de Potiskum, a affirmé...
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