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Sport - Football - Ligue 1

Le temps du changement en France ?

Alors que les ténors de la L1 n'hésitent pas à mettre la main à la poche, les clubs anglais ont choisi de se serrer la ceinture cet été. Le contexte économique explique en grande partie le changement de politique de recrutement en Premier League, malgré l'exception Manchester City.
On ne reverra peut-être plus trois clubs anglais en demi-finale de la Ligue des champions. Le phénomène, qui s'est produit la saison dernière pour la troisième année consécutive, n'était une nouvelle fois pas passé inaperçu. La puissance financière des clubs, un système fiscal plutôt clément, et la bonne santé de la livre expliquaient alors pourquoi la Premier League pouvait s'offrir les meilleurs joueurs du monde et les meilleurs résultats. À la plus grande frustration des clubs français, incapables de franchir le stade des huitièmes de finale de la Ligue des champions depuis trois ans également. Et ce grand écart ne semblait destiné qu'à se creuser. Pourtant, la donne a clairement changé si l'on compare l'activité des équipes françaises et anglaises sur le marché des transferts.
Avec l'arrivée d'Aly Cissokho à Lyon pour 15 millions d'euros, le club rhodanien en est désormais à 57 millions d'euros investis lors de ce mercato estival. Avec Marseille (36 millions d'euros) et Bordeaux (24 millions d'euros), le « Big Three » de la Ligue 1 a nettement plus dépensé que le « Big Four » de la Premier League, Manchester United (22 millions d'euros), Liverpool (21 millions d'euros), Chelsea (25 millions d'euros) et Arsenal (12 millions d'euros). Le contexte économique a radicalement changé en Angleterre et les clubs le ressentent. « Les meilleurs joueurs en Angleterre, c'est bientôt fini à cause du nouveau système fiscal et de la dépréciation de la livre par rapport à l'euro », affirme ainsi Arsène Wenger, le manager d'Arsenal. Avec un taux maximal d'imposition passé de 40 à 50 %, ce qui concerne la très grande majorité pour ne pas dire la totalité des joueurs de Premier League, et une livre passée de 1,5 euro en 2007 à 1,15 euro en 2009, le contexte financier pour les clubs anglais est nettement moins favorable.

La L1 connaît la crise
Du coup, la Premier League s'annonce de moins en moins attractive pour des joueurs qui voient de plus en plus le championnat espagnol comme le nouvel eldorado. À l'image de Cristiano Ronaldo, qui a quitté Manchester United pour le Real Madrid moyennant un transfert record de 94 millions d'euros. « Les clubs vont devoir choisir entre une augmentation de leur masse salariale et le risque de peut-être devoir céder des joueurs à un club étranger rival », conclut une étude réalisée sur la Premier League. Un championnat où Manchester City fait désormais figure d'exception. Le club financé par la famille royale d'Abou Dhabi en est à plus de 90 millions d'euros investis sur le marché des transferts cet été après avoir recruté Emmanuel Adebayor (Arsenal) pour 30 millions d'euros. Derrière le Real, les Citizens sont les plus dépensiers de ce mercato si l'on prend en compte l'ensemble des clubs européens. Mais l'exception ne fait que confirmer la règle.
Les clubs du « Big Three » français n'ont pas ces problèmes. Soumis comme leurs homologues de Ligue 1 à un régime fiscal très rigide et à l'intransigeance de la DNCG sur le contrôle de leur gestion, ils n'ont jamais été en mesure de s'aligner sur les clubs anglais au moment de recruter les meilleurs joueurs du monde, que ce soit au niveau des salaires ou des indemnités de transfert. La L1 se serre la ceinture depuis longtemps déjà quand la Premier League ne fait que découvrir la crise. Et s'ils ont dépensé davantage que les clubs anglais lors de ce mercato, ils n'ont pas pris d'énormes risques pour autant. Bordeaux, Lyon et Marseille ont acquis une stabilité et une puissance financière après avoir trusté les places qualificatives pour la Ligue des champions ces deux dernières saisons. Ils ont aussi bénéficié des rentrées d'argent de leurs ventes de joueurs, notamment l'OL (35 millions d'euros pour Benzema) et l'OM (22 millions d'euros pour Djibril Cissé, Ronald Zubar, Karim Ziani et Gaël Givet). Dans ce contexte, il n'est pas impossible que l'écart avec le « Big Four » anglais se réduise. De là à voir Bordeaux, Marseille et Lyon ensemble en demi-finale de la Ligue des champions, il y a cependant un pas qui est très loin d'être franchi.
On ne reverra peut-être plus trois clubs anglais en demi-finale de la Ligue des champions. Le phénomène, qui s'est produit la saison dernière pour la troisième année consécutive, n'était une nouvelle fois pas passé inaperçu. La puissance financière des clubs, un système fiscal plutôt clément, et la bonne santé de la livre expliquaient alors pourquoi la Premier League pouvait s'offrir les meilleurs joueurs du monde et les meilleurs résultats. À la plus grande frustration des clubs français, incapables de franchir le stade des huitièmes de finale de la Ligue des champions depuis trois ans également. Et ce grand écart ne semblait destiné qu'à se creuser. Pourtant, la donne a...
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