Dimanche, en direct sur TF1, Sébastien Bourdais a craqué. Poussé à bout par trois jours de rumeurs jamais démenties sur ce Grand Prix d'Allemagne présenté comme un terminus pour lui. Excédé, à force de se sentir traqué « comme un animal » par les médias, questionné sur ce secret qu'il ne partageait pas.
Son abandon, au 23e des 60 tours, sur panne hydraulique, venait peut-être de le sortir à jamais du cockpit de la STR lorsque Laurent Dupin est allé lui tendre le micro de la une pour en savoir plus. Sur le présent, l'avenir... Quelques minutes plus tôt, l'image - émouvante - de son accolade avec Giorgio Ascanelli, le directeur technique de Faenza, avait interpellé. Un adieu, à s'y méprendre, que refusa tout net le pilote français, qui attesta procéder ainsi « à chaque fois » avec les membres de son équipe, à l'issue d'un Grand Prix.
La réponse, malheureusement, était trop courte pour que le téléspectateur ne souhaite légitimement en savoir plus. Dans cette logique, notre confrère a fait une « relance », comme on dit dans le jargon. Une question qui ne réclamait pas un aveu mais juste une impression sur ce destin qu'il ne maîtrisait peut-être plus complètement... « Arrêtez de me faire chier avec ça ! C'est clair ? J'ai un contrat. Je vais aller en Hongrie (26 juillet), jusqu'à ce qu'on me notifie le contraire. C'est tout », opposa sèchement le Manceau exilé en Suisse.
Il était inutile d'en demander plus. Cependant, le pilote eut dans les instants suivants un comportement encore épidermique avec une photographe, avant de confier l'ignorance de son avenir à une journaliste de presse écrite française.
« Il ne faut pas toujours dire ce qu'on pense. »
À quoi bon nier l'évidence ? Son manager, Nicolas Todt, avait reconnu peu avant le départ, dans « F1 à la une », sur TF1, le pan critique de la situation de son protégé. « Les circonstances sont un peu difficiles, la saison de Sébastien ne se passe pas comme on pouvait l'imaginer », avait déclaré le fils de Jean Todt, interrogé par Denis Brogniart. « L'équipe n'est pour l'instant pas complètement satisfaite de Sébastien. Mais pour l'instant, il a un contrat qui le lie pour toute l'année. Je n'ai pas encore reçu de notification. »
Avant de reconnaître qu'il était préparé à recevoir la mauvaise nouvelle. Et à négocier rapidement une sortie de crise. « Je pense qu'il faut être intelligent. S'il y a un problème entre deux parties, ça ne sert à rien de se battre car ça ne mène à rien. Si vraiment on devait en arriver là, il y aurait tout simplement une rupture de contrat. Il faudrait trouver un accord à l'amiable pour sortir de cela. Ce serait un terrible déficit de son image. C'est ce sur quoi il faudra bien négocier. C'est également pour cela que je suis là », avait confié Nicolas Todt.


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