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Liban - Éclairage

Le vol de voitures, un phénomène de mode source de nouvelles inquiétudes

Il ne se passe plus un seul jour sans que les médias ne rapportent des incidents de cambriolage et de vol de voitures qui se concluent souvent par une chasse à l'homme à la James Bond. Ces scénarios de terreur, où la victime est souvent tabassée et violentée avant d'être dépossédée, se voient couronnés de temps à autre par un happy-end pour le propriétaire qui finit par récupérer son véhicule.
Le week-end dernier a été, en tous les cas, riche en la matière, trois vols et plusieurs poursuites ayant eu lieu au lendemain de l'affaire du « rapt » des étudiants de l'AUB, détroussés, près de Mayrouba au Kesrouan, par des éléments armés qui se sont enfuis à bord de leur véhicule.
Une chose est certaine : le phénomène - qui était plutôt timide à une époque et confiné à certaines régions seulement - a repris de plus belle avec le début de la saison touristique et l'affluence des visiteurs en provenance des quatre coins du monde. Les cibles sont désormais connues : les gros véhicules 4X4, ou certaines voitures de luxe, style Lexus, Infiniti, Range Rover, etc. Celles-ci semblent être les plus prisées par les cambrioleurs qui rechignent à prendre des risques pour des butins de piètre valeur. Les régions chrétiennes et touristiques semblent également être les lieux de prédilection des malfaiteurs.
Certes, les Forces de sécurité intérieure ont fait leurs preuves à plus d'une reprise et semblent désormais déterminées à rendre la vie pénible aux bandits. Les résultats de leurs efforts ne sont pas négligeables en tous les cas : six malfaiteurs ont déjà été arrêtés au cours des deux dernières semaines, deux seulement d'entre eux ayant pris la fuite. Assez jeunes dans leur grande majorité - entre 18 et 23 ans - les malfaiteurs ont déjà pour la plupart un casier judiciaire bien fourni en délits et crimes divers. Certains avaient même commis des viols qui n'avaient jamais été rapportés par la victime, pour des raisons bien évidentes dans une société orientale comme la nôtre. Tous ont procédé à l'attaque des véhicules sous l'effet de la drogue, atteste une source proche de l'enquête.
Quant à l'histoire des deux pullmans qui ont été récupérés par la force dans une des fourrières de Beyrouth, elle s'est avérée être une affaire de deal financier qui aurait mal tourné entre les propriétaires de la fourrière - aux mains du secteur privé et non public - et les malfaiteurs qui ont décidé de se rendre eux-mêmes justice par la force des armes.

Des mobiles politiques ?
Connues jadis pour leur passivité face aux crimes organisés et pour le manque endémique en effectifs, les FSI ont repris du poil de la bête et tentent par tous les moyens de rétablir la confiance des citoyens dans le système sécuritaire. Selon une source autorisée, les nouvelles unités qui sont dépêchées sur les lieux du crime sont désormais plus jeunes, donc plus dynamiques, mieux formées et plus confiantes, les FSI étant entraînées depuis un certain temps par des experts occidentaux, rompus aux techniques policières et de criminologie. Elles sont également plus motivées face à ce type d'incidents, car convaincues que la multiplication des brèches sécuritaires peuvent se propager pour finir un jour par toucher leur famille ou leur entourage propre, soutient encore la source.
Mais comment expliquer la résurgence de ce type de vol assez particulier et sa propagation visant plutôt les milieux aisés ?
« Ce n'est pas tout à fait un hasard si ces malfaiteurs ont refait surface à l'instar d'un diable qui ressort de sa boîte, atteste une source sécuritaire. Certes, la saison touristique et l'affluence de voitures luxueuses en sont le motif principal. Nous croyons cependant que les chefs de bande ont des motifs autres que criminels. En cherchant à saboter la saison touristique et en ciblant des régions bien particulières, les commanditaires de ces crimes visent des objectifs politiques, le message principal étant la déstabilisation de la situation sécuritaire qui ne peut que se répercuter sur le moral des touristes. » Un point de vue qui reste certes discutable, mais qui n'en est pas moins inquiétant pour le citoyen libanais qui vient à peine de reprendre son souffle après plusieurs années d'instabilité sécuritaire et de crises politiques.
Il ne se passe plus un seul jour sans que les médias ne rapportent des incidents de cambriolage et de vol de voitures qui se concluent souvent par une chasse à l'homme à la James Bond. Ces scénarios de terreur, où la victime est souvent tabassée et violentée avant d'être dépossédée, se voient couronnés de temps à autre par un happy-end pour le propriétaire qui finit par récupérer son véhicule.Le week-end dernier a été, en tous les cas, riche en la matière, trois vols et plusieurs poursuites ayant eu lieu au lendemain de l'affaire du « rapt » des étudiants de l'AUB, détroussés, près de Mayrouba au Kesrouan, par des éléments armés...
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