Les questions étaient nombreuses à Barcelone, au départ de la plus longue étape de cette édition, et ses 224 kilomètres y ont répondu en partie.
Si Brice Feillu a volé la vedette aux candidats au podium à Paris, à la faveur d'une longue échappée remportée devant son compatriote Christophe Kern et l'Allemand Johannes Fröhlinger, Alberto Contador s'est réaffirmé comme l'homme fort de ce Tour.
L'attaque de l'Espagnol, à 2 km de l'arrivée, a démontré qu'il entendait bien restaurer sa suprématie dans l'équipe Astana, mise à mal par Lance Armstrong ces derniers jours.
Le vainqueur du Tour 2007 n'est plus qu'à six secondes de Rinaldo Nocentini, l'Italien de la formation AG2R, premier Transalpin en jaune depuis Alberto Elli voilà neuf ans.
À 31 ans, le coureur toscan n'avait jamais disputé la grande boucle, et le voilà leader de la plus grande course du monde.
« Le maillot jaune, c'est la plus belle chose que peut gagner un coureur cycliste. Dans la dernière montée, j'avais confiance pour le maillot jaune, jusqu'à ce que Contador effectue son forcing impressionnant. Pour six secondes, c'est gagné... », a confié cet amateur de vin rouge.
Ce fut la journée des néophytes, puisque Brice Feillu, seulement six mois après ses débuts professionnels, s'est offert la première grande étape de son premier Tour de France.
« Gagner la plus belle étape de montagne pour mon premier Tour, en néo-pro, que demander de plus ? » a confié le jeune coureur de Châteaudun dans les bras de son frère Romain, qui avait porté brièvement le maillot jaune l'an dernier.
Banderille
Le coureur de l'équipe Agritubel, qui s'est également emparé du maillot à pois de meilleur grimpeur, a porté l'attaque décisive à quatre kilomètres du but pour aller s'offrir une superbe première.
Pendant que les neuf fuyards du jour se disputaient l'étape dans la montée qui avait consacré Jan Ullrich en 1997, l'issue de ce Tour se précisait un peu à l'arrière, dans le groupe des favoris emmené à bon train par les Astana.
Chacun s'interrogeait sur les intentions de Lance Armstrong et d'Alberto Contador, frères ennemis de l'équipe kazakhe. Le septuple vainqueur du Tour caressait le maillot jaune depuis le contre-la-montre par équipes de mardi. Son leader espagnol ne lui a pas laissé le loisir d'aller le décrocher.
Sa banderille a laissé le Texan, mais aussi Cadel Evans, éphémère attaquant, Andy Schleck ou Carlos Sastre, sans réaction.
« Il n'y avait pas de plan préétabli, mais je n'ai pas été surpris par l'attaque d'Alberto », a assuré Lance Armstrong, désormais à deux secondes de l'Espagnol. « Je me sens plutôt bien, mais la pente n'était pas trop raide », a-t-il ajouté.
Dans cette première grimpette hors catégorie, qui culminait à 2 240 m, Fabian Cancellara a cédé l'habit de lumière qu'il portait depuis Monaco.
Le Suisse est rentré dans le rang, et c'était attendu, comme le Tchèque Roman Kreuziger, étonnamment émoussé sur cette première pente.
Le Tour reste dans les Pyrénées aujourd'hui pour une chevauchée de 176 km jusqu'à Saint-Girons, comportant deux cols de première catégorie, mais aussi une longue descente vers l'arrivée.


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