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Culture - Festival De Byblos

Keane s’y frotte, s’y pique

Nul doute que le groupe Keane, devenu incontournable dans le paysage de la brit-pop, a rencontré un franc succès auprès de ses fans libanais.
De mémoire de jeune festivalier, on avait rarement vu pareille foule à un concert. Les gradins, construits au-dessus de la mer sur le vieux port de Byblos, affichaient pratiquement complets, aussi bien en fosse qu'en tribune. Tous les parkings de Byblos par ailleurs. Et saluons par la même occasion la formidable efficacité des organisateurs, qui ont planté partout des scouts sentinelles pour guider les piétons vers l'entrée du
festival.
21 heures à peine sonnées, spectateurs à peine installés et voilà que les trois compères font une entrée bondissante sur la scène, tels des boxeurs débarquant sur un ring.
Autour de Tom Chaplin (chant, guitare), Tim Rice-Oxley (piano, claviers, basse, chœurs) et Richard Hughes (batterie, chœurs).
Outre le bassiste resté anonyme (est-ce Jesse Quinn qui les accompagne sur l'album ?), il faudrait peut-être ajouter un quatrième membre à cette formation, à savoir, la chemise à manches longues et au motif écossais de Tom, chanteur et tête pensante du groupe.
Au deuxième titre, ce vêtement « oh so british » est partiellement mouillé. À la quatrième chanson, plus un tissu sec sur les épaules du vocaliste. L'on se dit alors qu'il va sûrement défaire ne serait-ce que le premier bouton. Eh bien non. En bon Anglais stoïque, Tom résistera jusqu'au bout. Alors que d'autres artistes plus trash auraient profité de la chaleur pour se retrousser les manches, ou bien (allez, un peu d'audace), pourquoi pas un petit numéro de « strip sans tease », Tom, lui, ne fera pas tomber la chemise. Et c'est sans doute là le seul hic de la soirée. Un petit bémol non sans importance, puisqu'il représente à lui seul le caractère trop lisse, trop clean de Kean.
En effet, si les six mille spectateurs, des jeunes en grande majorité, ont véritablement apprécié ce spectacle offert par trois compères généreux et extrêmement talentueux, quelques-uns peuvent leur reprocher en effet cet aspect trop bien formaté, bien comme il faut dans les mesures musicales adéquates.
Bien sûr, les chansons ne sont pas toutes d'une originalité fracassante, mais il y a là comme une synthèse de tout ce que la pop a produit de meilleur ces dix dernières années, de Jeff Buckley à Deus, en passant par Radiohead.
À propos d'appellation, signalons qu'au départ, le trio british s'intitulait The Lotus Eaters. Mais les musiciens qui se connaissent depuis l'enfance ont finalement opté pour un nom beaucoup plus significatif sur le plan sentimental, puisque Keane est le nom de leur... nounou.
La bande à Keane a ainsi grandi en écoutant The Beatles, Paul Simon, the Pet Shop Boys, Michael Jackson, Queen. Puis U2, R.E.M, The Smiths et Radiohead.
Ce soir-là, à Byblos, Keane a attaqué avec l'un des tubes du dernier album, The Lovers Are Losing, dans la droite lignée d'Everybody's Changing qui sera d'ailleurs interprété dans la foulée, ce qui réjouit les fans, s'époumonant déjà dès les premiers accords. Les trois compères et le nouveau venu (plus la chemise immuable, bien entendu) enchaînent sur un set bien équilibré.
Côté moments forts, on pourra retenir une version acoustique de Bend and Break, une version très électro de You Haven't Told Me Anything, ou encore le titre le plus fort de ce nouvel album, un hymne interprété en chœur, Perfect Symmetry, qui est, selon Tom, « la meilleure chanson que le groupe à jamais écrite ».
Le groupe finit sur un rappel de 3 titres (Black Burning Heart, Is It Any Wonder et l'incontournable Bedshaped).
Dans une de ses toutes premières interviews, Tom déclarait qu'il ne souhaitait pas que « Keane se contente de rester un petit groupe culte, mais que leur musique soit entendue par le plus grand nombre de personnes possible, que c'était dans ce but qu'ils la faisaient ». Vœu exaucé.
De mémoire de jeune festivalier, on avait rarement vu pareille foule à un concert. Les gradins, construits au-dessus de la mer sur le vieux port de Byblos, affichaient pratiquement complets, aussi bien en fosse qu'en tribune. Tous les parkings de Byblos par ailleurs. Et saluons par la même occasion la formidable efficacité des organisateurs, qui ont planté partout des scouts sentinelles pour guider les piétons vers l'entrée du festival. 21 heures à peine sonnées, spectateurs à peine installés et voilà que les trois compères font une entrée bondissante sur la scène, tels des boxeurs débarquant sur un ring. Autour de Tom Chaplin (chant, guitare), Tim Rice-Oxley (piano, claviers, basse, chœurs) et Richard Hughes (batterie,...
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