En effet, le total des actifs agrégés des banques, principal indicateur de leur activité, a augmenté de 7 396 millions de dollars au cours des cinq premiers mois de l'année, contre une hausse de 3 944 millions au cours de la même période de 2008. Les dépôts ont constitué le principal moteur de cette activité, vu qu'ils ont bondi de 6 574 millions de dollars au cours de la période étudiée, soit le double de leur croissance au cours des quatre premiers mois de 2008 et neuf fois leur hausse moyenne au cours des cinq premiers mois des cinq dernières années. Il s'agit de la plus grande croissance des dépôts durant les cinq premiers mois d'une année depuis le début des années 1990, a noté à cet égard le Lebanon Weekly Monitor, bulletin hebdomadaire de Bank Audi.
Il convient de souligner que près de 26 % de l'augmentation des dépôts, soit 1 728 millions de dollars, a été enregistrée au cours du mois du mai. La plus grande croissance mensuelle est toutefois intervenue en avril, qui a connu une amélioration des dépôts de 2 123 millions de dollars.
Cependant, ce dynamisme soutenu des dépôts n'a pas été répercuté sur les crédits au secteur privé, dans un contexte international toujours marqué par la tourmente des subprimes. Il reste que le portefeuille des crédits des banques libanaises qui affichent une forte liquidité ne s'est pas resserré et a même augmenté de 1 027 millions de dollars, ce qui marque toutefois un net ralentissement par rapport à la même période de 2008. Rappelons qu'au cours des cinq premiers mois de l'année précédente, les crédits avaient avancé de 2 873 millions de dollars et qu'ils avaient progressé en moyenne de 390 millions de dollars au cours de la même période des cinq dernières années.
La ventilation des dépôts en devises montre que leur croissance est notamment due à celle de leur segment libellé en monnaie nationale. En effet, les dépôts en livres ont augmenté de 5 798,5 milliards de livres, soit 58,5 % de la croissance totale des dépôts, contre une progression de 2,727 millions de dollars des dépôts en dollars.
En parallèle, près de 30 % de la croissance des dépôts est due à ceux des non-résidents qui ont bondi de 2 843 milliards de livres. À la fin mai, la part des non-résidents dans le total des dépôts s'est élevée à 15,9 % contre quelque 14,7 % fin décembre.
L'analyse des crédits par devise et pays de résidence révèle une tendance tout opposée à celle des dépôts. En effet, 67 % de l'amélioration des crédits est due aux prêts en devises étrangères qui ont augmenté de 683 millions de dollars. Les crédits aux résidents ont en outre progressé de 1 584 milliards de livres, compensant la chute de 36,2 milliards de livres des prêts aux non-résidents.


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