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Liban - Pause Verte

Ôter aux pyromanes la bénédiction de l’anonymat

Cette semaine, plus d'une cinquantaine d'incendies ont éclaté dans les différentes régions libanaises. Selon une affirmation du ministre de l'Intérieur lui-même, ces incendies sont prémédités parce que la haute saison des feux n'a pas encore commencé, et rien d'autre que des intentions criminelles ne peut expliquer qu'autant de sinistres surviennent en même temps.
Le fait que la formation des pilotes de l'armée aux nouveaux hélicoptères spécialisés ne soit pas encore terminée a contribué à replonger les membres de la Défense civile dans les mêmes difficultés à combattre les flammes dans des endroits difficiles d'accès, aidés seulement par les hélicoptères traditionnels, qui pouvaient être observés dans le ciel portant leur réservoir rempli d'eau de mer. Comme si les criminels voulaient prendre une fois de plus les autorités de vitesse et en profiter pour anéantir quelques hectares verts de plus, mus par cette drôle d'ambition, cet instinct de mort bien spécifique aux pyromanes...
L'origine criminelle de la plupart des feux est donc reconnue officiellement. Faut-il, dans ce cas, continuer à concentrer les efforts seulement sur l'acquisition de nouveaux équipements de lutte, la formation des membres de la Défense civile et de l'armée, et sur la réhabilitation de ce qui a déjà été perdu ? Sans réelle pénalisation des coupables, aura-t-on traité le cœur du problème ?
La question qu'on pourrait se poser dans ce cadre est celle de savoir s'il est possible, pour les forces de l'ordre, de démasquer ces lâches criminels que sont les pyromanes, qui allument discrètement les feux et fuient bien avant que l'incendie ne prenne des proportions effrayantes. Peut-être même font-il, le plus souvent, partie des citoyens qui se ruent pour aider à éteindre les flammes... Cela n'aura pas été la première fois que l'absurde devient la règle dans ce pays !
Toutefois, plusieurs faits permettent de se rendre compte qu'il n'est pas du tout impossible d'arrêter les coupables dans les affaires de feux de forêt. En effet, leurs motivations sont connues : défrichage de terrains en détruisant des arbres protégés par la loi, production du charbon, parfois même vengeance personnelle ou raisons politiques. Dans les deux premiers cas de figure, ceux qui bénéficient de la destruction des forêts peuvent être facilement identifiés, même si une décision du ministère de l'Intérieur datant de 2007 interdit aux propriétaires de terrains incendiés d'en profiter pour y ériger des constructions. Espérons qu'elle reste en vigueur et soit appliquée de manière stricte.
Reste la question des preuves. Des responsables de police expliquent volontiers qu'il n'est pas difficile de remonter la piste des pyromanes ou de ceux qui provoquent accidentellement les feux en se basant sur les indices trouvés sur le terrain. Le plus grand obstacle reste cet absurde sens de la solidarité qui pousse les habitants des villages à ne pas se dénoncer et à ne pas apporter de témoignages crédibles à la police.
Il y a aussi l'autre absurdité : celle des « protections politiques » dont jouissent trop souvent les pyromanes et les abatteurs d'arbres. Certains de nos hommes politiques attachent apparemment bien plus de prix à leur réélection qu'au droit de leurs électeurs à profiter d'un environnement viable, voire au droit des forêts d'exister.
Tout cela prouve qu'aucune avancée réelle ne peut être réalisée sans que les coupables ne paient dûment le prix de leur culpabilité. Renforcer la surveillance des forêts et mettre en place une cour de justice spécialisée dans les affaires en relation avec l'environnement restent deux points essentiels sans lesquels la boucle ne sera jamais bouclée.
Enfin, le scandale demeure une arme redoutable contre ceux qui aiment l'ombre. Il faut ôter à ceux qui provoquent les feux comme à ceux dont l'enquête révélera l'implication dans la « protection » des coupables - et surtout à ceux-là - la bénédiction de l'anonymat qui leur confère l'impunité. 
Cette semaine, plus d'une cinquantaine d'incendies ont éclaté dans les différentes régions libanaises. Selon une affirmation du ministre de l'Intérieur lui-même, ces incendies sont prémédités parce que la haute saison des feux n'a pas encore commencé, et rien d'autre que des intentions criminelles ne peut expliquer qu'autant de sinistres surviennent en même temps.Le fait que la formation des pilotes de l'armée aux nouveaux hélicoptères spécialisés ne soit pas encore terminée a contribué à replonger les membres de la Défense civile dans les mêmes difficultés à combattre les flammes dans des endroits difficiles d'accès, aidés seulement par les hélicoptères...
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