« C'est toujours mieux de partir en vacances sur une victoire, mais comme j'en ai assez de perdre à chaque rallye, autant arrêter un petit moment », a déclaré Loeb dimanche soir, après avoir promené son ennui tout le week-end dans le parc d'assistance de Mikolajki. La faute à une suspension cassée sur une souche vendredi au début de la 4e épreuve spéciale.
Petite cause, grands effets : Loeb a chuté de la 2e à la 32e place du classement. Et sa remontée jusqu'à la 7e place dimanche ne lui a pas rendu le sourire, même s'il a jugé ce résultat « inespéré ». Il a aussi signé cinq temps scratch en roulant à 130 km/h de moyenne dans des spéciales très rapides, mais il a quand même trouvé le temps long et ne l'a pas caché.
« C'est un rallye à oublier, c'est clair », a dit le maître du WRC, victime d'une crevaison en Sardaigne (4e), parti en tonneaux en Grèce (abandon) et coupable d'une erreur de notes sur un rallye nouveau, la Pologne, où tout le monde partait à armes égales.
Toujours aussi rapide et fiable, et de plus en plus malin, Hirvonen a enfoncé le clou : « Cette souche, je l'avais dans mes notes, pas Loeb. Dommage pour lui », a déclaré le Finlandais. Invérifiable, mais bien joué.
Le vice-champion du monde vient de gagner deux rallyes d'affilée, le prochain, c'est celui de Finlande (30 juillet-2 août), alors il commence à y croire. Et Loeb un peu moins.
« Je n'ai pas à me plaindre »
« Si Mikko est titré en fin d'année, c'est qu'il l'aura plus mérité que moi », a estimé le pilote alsacien, juste avant de quitter Mikolajki. On l'a connu plus bagarreur, notamment quand Marcus Grönholm lui a tenu la dragée haute en gagnant trois rallyes d'affilée (Sardaigne, Grèce, Finlande) en plein milieu de la saison 2007.
La grosse différence avec 2007, c'est que Hirvonen a continué à progresser alors que Loeb, même lorsqu'il a gagné les cinq premiers rallyes de 2009, répétait sans cesse : « C'est moins facile que ça en a l'air », « Mikko est très bon » ou « j'ai encore eu du mal à le battre ».
A-t-il suffi d'un grain de sable sarde, puis d'un caillou grec, pour enrayer la machine Loeb ? Il est trop tôt pour le dire.
Mais le quintuple champion du monde a trouvé un adversaire à sa mesure, capable de se débrouiller tout seul pendant que Jari-Matti Latvala accumule les gaffes.
« J'ai eu beaucoup de chance dans ma carrière et j'ai cinq titres derrière moi. Je n'ai pas à me plaindre », a dit Loeb dimanche. Reste à connaître le degré de motivation actuel, en WRC, du sportif préféré des Français, en pleines négociations de son futur contrat Citroën. Sans oublier qu'en 2010, aucun rallye n'est programmé le week-end des 24 Heures du Mans...

