Au Liban, où près du tiers de la population n'a pas accès aux moyens de financement conventionnels, d'après les Nations unies, la microfinance constitue sans doute un outil efficace pour combattre la pauvreté, estime pour sa part la BlomInvest dans une analyse sur le secteur. Elle cite à cet égard le directeur général d'une des quatre principales organisations de microfinance au Liban, pour qui le niveau de vie de près de 19 % de la population est susceptible d'être amélioré grâce à la microfinance.
Selon Ziad Halaby, directeur général de Ameen, le pouvoir d'achat d'environ 760 000 individus peut être en effet positivement influencé par l'expansion de cette activité, si l'on considère que chaque emprunteur potentiel prend à sa charge quatre personnes. L'enjeu est donc de taille. L'ampleur de l'impact dépend toutefois du développement du secteur au Liban, où seulement quatre grandes ONG se partagent aujourd'hui le marché, avec en arrière-plan une politique de crédit bancaire peu favorable aux petites et moyennes entreprises (PME). Selon Halaby, le secteur connaît néanmoins depuis des années un rythme de croissance soutenu, malgré les nombreux défis. Il estime que le nombre total d'emprunteurs a atteint 54 000 fin 2008, tandis que le portefeuille global s'est élevé à environ 60 millions de dollars (contre 33 millions de dollars fin septembre 2007 distribués sur 29 000 clients, selon la SFI).
Il n'en reste pas moins que la microfinance demeure peu développée au Liban, insiste le rapport de la SFI, plus de 70 % des emprunteurs potentiels n'ayant toujours pas accès aux services financiers qui sont offerts. Le rapport met d'ailleurs l'accent sur le besoin pressant d'élargir les activités de microfinance à toutes les régions reculées du pays, où la majorité des habitants est exclue du système financier classique.
Cette expansion ne peut toutefois avoir lieu sans le développement des capacités humaines, ajoute le rapport. Une idée reprise par Ziad Halaby, pour qui les coûts liés au capital humain constituent un des défis majeurs auxquels fait face le secteur. Selon lui, la gestion de 200 dossiers nécessite en effet l'embauche d'au moins un employé. L'industrie ne pourra donc atteindre son réel potentiel que si un millier d'agents sont recrutés, ajoute-t-il... Un objectif qui ne semble pas facile à réaliser, du moins dans l'immédiat, au vu des capacités financières des organisations et des associations présentes sur le terrain.

