Ahmadinejad compare Obama à Bush
Pour sa part, M. Ahmadinejad a demandé au président américain Barack Obama de ne plus interférer dans les affaires iraniennes et traité d'« attardés politiques » « la bande qui dirige les gouvernements de Grande-Bretagne et d'autres pays européens » ayant critiqué le pouvoir en Iran. « J'espère que vous (M. Obama) éviterez de vous ingérer dans les affaires de l'Iran et exprimerez des regrets de manière à ce que le peuple iranien en soit informé », a dit le président réélu officiellement avec 63 % des suffrages. Mardi, M. Obama a condamné la répression des manifestations et estimé que la légitimité de la réélection de M. Ahmadinejad posait de « sérieuses questions ». « M. Obama a commis une erreur en disant ces choses. (...) Pourquoi est-il tombé dans ce piège et a-t-il répété ce que disait (son prédécesseur George) Bush ? » a déclaré le président iranien, cité par l'agence officieuse Fars. « Voulez-vous parler (avec l'Iran) sur ce ton-là ? Si telle est votre attitude, alors que reste-t-il à discuter ? » a dit encore le président iranien.
Entre-temps, le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a mis en garde contre la répression des protestations après la réélection controversée de M. Ahmadinejad le 12 juin.
« Si le peuple ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et est réprimé, la montée de la frustration pourrait détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il », a-t-il dit.
Autre signe d'un certain malaise dans le camp conservateur, les membres de la présidence du Parlement, dirigée par le conservateur Ali Larijani, et une centaine de députés n'ont pas honoré mercredi soir une invitation de la présidence à fêter la réélection de M. Ahmadinejad, selon le journal réformateur Etemad Melli.
La contestation, sans précédent depuis 30 ans en Iran, a été durement réprimée ces derniers jours et les manifestations qui avaient rassemblé jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes la semaine dernière ont considérablement perdu de leur ampleur.
Le candidat réformateur à la présidentielle, Mehdi Karoubi, qui comme M. Moussavi accuse le gouvernement de fraude électorale, a renoncé à organiser une cérémonie de deuil en mémoire des manifestants tués, faute d'autorisation. Les manifestations ont fait au total 20 morts, dont huit membres de la milice islamique bassidj, a rapporté hier sur son site Internet la chaîne de télévision publique iranienne en langue anglaise Press TV. D'autres médias publics avaient fait état auparavant de 17 personnes tuées, un chiffre impossible à vérifier pour les médias étrangers, qui n'ont le droit de couvrir que les événements autorisés par le pouvoir. Selon des médias, 140 universitaires, journalistes, intellectuels et étudiants ont été arrêtés, dont 70 membres d'associations islamiques d'étudiants ayant rencontré M. Moussavi. Le pouvoir a exclu l'annulation du scrutin et annoncé que le nouveau président et son gouvernement seraient investis entre le 26 juillet et le 19 août.
Le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a dénoncé hier une « répression lourde » en Iran, et jugé que le gouvernement iranien était confronté à une « crise de crédibilité » avec son propre peuple et non avec l'Occident. À Bruxelles, l'ambassadeur d'Iran Ali Asghar Khaji a protesté contre « l'attitude orientée et partiale » de l'Union européenne.
Le Conseil des gardiens, chargé de valider les résultats, s'est donné jusqu'à lundi pour examiner les plaintes, mais a clairement indiqué que cela ne remettrait pas en cause le résultat final.


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