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Culture - Peinture

Manuella Guiragossian, peintre des villes…

Benjamine de Paul Guiragossian, Manuella Guiragossian se lance, à son tour, dans le circuit des expositions*. Elle donne à voir chez Emmagos «Cityscape II», une série de toiles sur le thème de la ville.
«Ta toile est ta meilleure amie, lui disait son père. Lorsque tu as envie de pleurer, tu y décharges ton chagrin. Lorsque tu es heureuse, tu y exprimes ton dynamisme. Tu pourras toujours trouver refuge dans la peinture. Elle ne te jugera jamais. » Ce à quoi Paul Guiragossian ne manquait pas d'ajouter : « Si un jour tu réussis, n'oublie pas de rester
modeste. »
La peinture a ainsi toujours accompagné Manuella Guiragossian. Dans les bons et les mauvais moments. Et si la benjamine des Guiragossian, dessinatrice de BD depuis sa tendre enfance, a choisi de se spécialiser (à l'École de Walt-Disney à Los Angeles) dans la création de caractères d'animation, son autre grande passion, elle est restée fidèle à ses pinceaux comme moyen d'expression personnelle. Ce n'est qu'en 2000, après quelques participations encourageantes à des accrochages collectifs, qu'elle expose, en solo, à la galerie familiale (Emmagoss) une série de ses toiles regroupées sous le thème des « Mythes et légendes ».
Deux expositions suivront, notamment « Cityscape I », à Oman en janvier 2009, qui présentait un premier lot de ses peintures consacrées aux villes et réalisées au cours de ces deux dernières années, et dont la présente exposition, intitulée «Cityscape II (qui se tient jusqu'au 10 juillet, toujours chez Emmagoss), donne à voir un second lot d'une trentaine d'huiles et
d'acryliques.
Manuella, qui se définit comme une fille des villes - «J'ai vécu une partie de ma vie entre Paris, Los Angeles, Dubaï avec, bien sûr, des allers-retours à Beyrouth et, même en tant que touriste, il n'y a que les villes qui m'intéressent», soutient-elle -, exprime dans ses toiles son côté citadin et, paradoxalement, son rejet des agglomérations urbaines à l'horizon bouché. Et cela au moyen d'une représentation fantasque de villes rêvées. Mélanges de cités orientales et de mégalopoles occidentales, celles-ci se présentent en alignement d'immeubles fracassés, déconstruits, mais toujours érigés de manière verticale dans des superpositions de couleurs pures, vives, dynamiques, voire acidulées, soulignées d'épais tracés noirs...

Dynamiter la toile...
Il s'en dégage des «atmosphères»: dynamique et euphorisante dans une toile à dominante rose, inspirée de sa vision énergisante de New York ; plus grise et contrastée dans ce qui pourrait ressembler aux toits de Paris, ou encore bleutée, dans une ville inlocalisable où dômes orientaux et architecture à la tour de Pise - mais redressée ! - se juxtaposent...
Ces villes instinctivement jaillies sous le pinceau de Manuella sont en fait, dit-elle, l'expression d'un désir longtemps refoulé: celui «de dynamiter les immeubles qui, durant la guerre, ont été érigés, sans permis, face à la maison familiale de Mtayleb, bouchant le paysage de pinède», qu'elle contemplait à chaque coucher de soleil en compagnie de son père !
Déverser sa frustration sur la toile et la transformer en art. L'influence du père, encore et toujours chez Manuella
Guiragossian...

* Emmagoss, Zalka, face Exotica. Tél.: 01/888643.
«Ta toile est ta meilleure amie, lui disait son père. Lorsque tu as envie de pleurer, tu y décharges ton chagrin. Lorsque tu es heureuse, tu y exprimes ton dynamisme. Tu pourras toujours trouver refuge dans la peinture. Elle ne te jugera jamais. » Ce à quoi Paul Guiragossian ne manquait pas d'ajouter : « Si un jour tu réussis, n'oublie pas de rester modeste. » La peinture a ainsi toujours accompagné Manuella Guiragossian. Dans les bons et les mauvais moments. Et si la benjamine des Guiragossian, dessinatrice de BD depuis sa tendre enfance, a choisi de se spécialiser (à l'École de Walt-Disney à Los Angeles) dans la création de caractères d'animation, son autre grande passion, elle est restée fidèle à ses pinceaux comme...
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