« Il est pour moi important que nous ayons des règles européennes communes et contraignantes », a-t-elle ajouté.
Les dirigeants de l'UE devraient « soutenir » les grandes lignes d'une réforme sur la supervision financière présentées fin mai par la Commission européenne et lui demander de faire des propositions législatives « au plus tard au début de l'automne ».
Selon un projet de document, ils ne trancheront pas toutefois immédiatement les points les plus litigieux de cette réforme jugée cruciale pour éviter de nouvelles crises financières.
Les Britanniques, soucieux de défendre les intérêts de la City de Londres, s'opposent en effet à certaines idées préconisées par Bruxelles visant à introduire une forme de supervision supranationale en Europe. La Slovénie, la Slovaquie ou la Roumanie sont aussi réservées.
La réforme voulue par Bruxelles prévoit notamment de mettre en place en 2010 trois nouvelles autorités paneuropéennes chargées de la surveillance des banques, des assureurs et des marchés financiers.
Celles-ci remplaceraient des comités consultatifs existants, en leur donnant un vrai pouvoir décisionnel et pourraient notamment imposer leur médiation entre les superviseurs nationaux, en cas de désaccord entre eux.
Mais les Britanniques refusent de donner de tels pouvoirs à des autorités paneuropéennes, qui pourraient forcer les États à des interventions aux conséquences budgétaires importantes.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown, déjà très affaibli par la défaite électorale historique du Labour aux récentes élections, a fait comprendre qu'il ne lâcherait pas de terrain.
« L'action européenne doit être réalisable et efficace », a-t-il martelé, avant le début du sommet. « Il est logique que quand une décision de supervision aura un impact sur le contribuable, cette décision doive être prise par l'autorité nationale compétente », a-t-il ajouté.
La réforme suggérée par Bruxelles prévoit aussi de mettre en place un « comité européen du risque systémique », qui avertirait les autorités nationales et émettrait des recommandations quand il détecte un problème important.
Il serait dirigé par le président de la Banque centrale européenne (BCE) et inclurait les gouverneurs des Banques centrales de l'Union européenne.
Sur ce point aussi, le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de la zone euro, a émis des réserves, dans une moindre mesure, à l'idée que des pouvoirs trop importants ne soient donnés à la BCE.
Ces difficultés, qui pourraient édulcorer au final les avancées européennes, interviennent alors que les États-Unis progressent sur la supervision financière.
Le président américain Barack Obama a détaillé mercredi une réforme présentée comme la plus vaste depuis les années 30.
Elle prévoit notamment la création d'un Conseil de surveillance des services financiers, dont la présidence reviendra au Trésor.
Les plus grandes institutions financières du pays (banques, sociétés d'assurances...), dont la faillite mettrait en danger l'ensemble du système économique, seront par ailleurs placées sous la supervision d'un régulateur unique, la Banque centrale américaine.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine