Selon la presse italienne, cette affaire est liée à une enquête ouverte par le parquet de Bari (Sud) contre deux chefs d'entreprise, les frères Tarantini, soupçonnés de corruption pour obtenir des marchés. Les écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de cette enquête auraient fait naître des soupçons d'« incitation à la prostitution », Giampaolo Tarantini, qui connaît Silvio Berlusconi, ayant proposé de l'argent à des « escort-girls » pour passer la nuit dans deux résidences du chef du gouvernement, à Rome et en Sardaigne.
Une de ces jeunes femmes, Patrizia D'Addaria, a affirmé au Corriere della Sera, le plus gros tirage de la péninsule, s'être rendue à deux reprises au domicile de Silvio Berlusconi à Rome contre la promesse d'être payée 2 000 euros à chaque fois. Elle a affirmé avoir enregistré ses conversations avec le Cavaliere, et ces enregistrements ont été remis aux magistrats chargés de l'enquête, selon la presse.
« Imaginer que Berlusconi paye une femme 2 000 euros pour qu'elle sorte avec lui me semble exagéré. Je pense qu'il pourrait avoir beaucoup de femmes, et gratuitement », a réagi hier Niccolo Ghedini, avocat du chef du gouvernement, dans le Corriere. « L'enquête de Bari ne concerne pas le chef du gouvernement. Si je veux faire bonne impression à Silvio Berlusconi et si je me présente chez lui avec une belle accompagnatrice que j'ai payée, il ne peut pas le savoir », a-t-il déclaré. « Et si une de ces femmes devait avoir un rapport avec lui, il continuerait à l'ignorer et ne peut donc être impliqué ni juridiquement ni moralement », a-t-il conclu.
Trois autres jeunes femmes ont témoigné devant le parquet de Bari, selon la presse, et La Stampa affirme que l'une d'elles aurait été autorisée à se réfugier à l'étranger pour des raisons de sécurité. Face à ce nouveau coup porté à son image à trois semaines du sommet du G8, Silvio Berlusconi a évoqué, selon son entourage cité par la presse, l'hypothèse d'un « complot » qui viserait à le chasser du pouvoir. Il a qualifié ces informations d'« ordurières », ajoutant qu'elles ne l'empêcheront pas de « continuer son travail ».
Cette nouvelle affaire intervient après le « Noemigate », du nom d'une jeune fille de 18 ans avec laquelle Silvio Berlusconi est soupçonné d'avoir eu une relation, ce qu'il dément formellement.

