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Liban

Sleiman exhorte l’UE et Washington à faire pression sur Israël

La dernière déclaration du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, portant notamment sur un règlement de la question des réfugiés palestiniens « hors des frontières de l'État d'Israël », a suscité un tollé dans l'ensemble des milieux politiques libanais qui ont souligné la nécessité, à l'unisson, de resserrer les rangs internes afin de faire face au complot de l'implantation.
Le président Michel Sleiman a exhorté sur ce plan l'Union européenne, « en coordination avec les États-Unis, à faire pression sur Israël afin de l'amener à accepter les initiatives de paix de manière à placer la région sur la voie de la solution » pour mettre un terme à la crise du Proche-Orient. Le chef de l'État a tenu des propos en ce sens devant une délégation du ministère italien des Affaires étrangères qu'il a reçue au palais de Baabda en présence de l'ambassadeur d'Italie, Gabriel Checchia. Le président Sleiman a stigmatisé à cette occasion « l'obstructionnisme israélien exprimé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu », soulignant qu'une telle attitude a « un impact négatif sur les efforts internationaux visant à aboutir à un règlement régional fondé sur une paix juste et globale, sur les résolutions internationales et sur l'initiative arabe de paix avalisée par le dernier sommet de Doha ».
Notons que le président Sleiman a évoqué hier les derniers développements sur la scène locale et dans la région avec les députés Michel Pharaon, Boutros Harb et les membres du bloc parlementaire de Zahlé, Nicolas Fattouche, Élie Marouni, Assem Aragi, Tony Aboukhater, Joseph Maalouf, Okab Saker et Chant Jenejian.
Pour en revenir aux réactions aux propos du Premier ministre israélien, le député du Metn-Nord et ancien Vice-Premier ministre Michel Murr a déclaré pour sa part, au cours de la conférence de presse qu'il a tenue hier, que la déclaration de Netanyahu « constitue une position obstructionniste qui a provoqué des retombées négatives sur la double scène arabe et internationale ». Relevant que M. Netanyahu avait rejeté le principe du droit au retour des réfugiés palestiniens, M. Murr a rappelé que le Liban est totalement opposé à l'implantation.
Le ministre de l'Information Tarek Mitri, qui s'est rendu hier au Caire pour participer à la conférence des ministres arabes de l'Information, a déclaré que la déclaration de Netanyahu a « porté préjudice, voire même a saboté les nouvelles orientations américaines, de même qu'elle a rendu encore plus difficile la possibilité de parvenir à un règlement » dans la région. « Ce règlement a été accepté par les pays arabes, sur base de l'initiative arabe de paix, a rappelé le ministre de l'Information. La position à l'égard des propos de Netanyahu est connue. Le Liban reste en effet attaché à la légalité internationale et à l'initiative arabe de paix ».
Soulignant que « les Arabes ne sont pas surpris par l'attitude de Netanyahu », M. Mitri a ajouté que les propos du Premier ministre israélien constituent « un défi à la crédibilité des États-Unis ». Rappelant que c'est à la demande du Liban qu'une clause rejetant l'implantation des réfugiés palestiniens avait été incluse dans l'initiative arabe de paix, M. Mitri a réaffirmé que la position du Liban concernant l'implantation « ne porte à aucune équivoque ».
Le chef du Courant du futur, le député Saad Hariri, a appelé de son côté à « la solidarité libanaise et arabe pour faire face aux défis régionaux après la dernière déclaration de Benjamin Netanyahu ». « Les propos de Netanyahu, a affirmé M. Hariri, placent la région sur la voie de l'escalade et constituent une feuille de route israélienne visant à saboter les initiatives de paix ». « Cela nous impose au Liban d'assumer une grande responsabilité sur le plan de la consolidation de la solidarité interne de manière à prendre en considération les impératifs de l'intérêt supérieur du pays ». Et M. Hariri d'ajouter : « Le Premier ministre israélien œuvre à replacer les efforts de paix à la case départ tant en ce qui concerne le droit au retour, ou la reconnaissance par les Palestiniens du caractère juif de l'État d'Israël ou aussi le sort de Jérusalem. Une telle attitude rend précaire les initiatives arabes de paix et constitue un sérieux danger pour la paix régionale ».
Le député de Beyrouth Atef Majdalani (Courant du futur) a dénoncé pour sa part les propos « hostiles et suspects du Premier ministre israélien », soulignant la nécessité de réaffirmer une fois de plus le refus de l'implantation « comme l'a souligné le député Saad Hariri à sa sortie de Bkerké ». M. Majdalani a invité à ce sujet les députés à avaliser la proposition de loi qui avait été présentée par un groupe de députés du 14 Mars, visant à inclure dans la Constitution une clause imposant une unanimité parlementaire à tout amendement relatif au rejet de l'implantation.
Le député Samir Jisr (Courant du futur) a qualifié quant à lui de « raciste » la déclaration de Netanyahu. « En se prononçant pour une souveraineté tronquée (de l'État palestinien) et pour une reconnaissance du caractère juif de l'État d'Israël, Netanyahu a saboté toutes les initiatives de paix et a violé toutes les conventions internationales portant sur les réfugiés palestiniens ».

Nassib Lahoud : Une position irrecevable
Le ministre Nassib Lahoud a déclaré de son côté que « la position extrémiste de Netanyahu est totalement irrecevable et elle est en contradiction avec la législation internationale, les initiatives de paix et les principes définis récemment par le président américain Barrak Obama, même si sur le plan de la forme Netanyahu a reconnu le principe de l'État palestinien ». Pour Nassib Lahoud, la position du Premier ministre israélien ne saurait aboutir à « une paix véritable car elle ne prévoit pas des solutions réalistes et justes au conflit arabo-israélien ». Soulignant que l'affaire des réfugiés palestiniens revêt une importance particulière pour le Liban, M. Lahoud a réaffirmé que les Libanais rejettent « unanimement et sans détours l'implantation des Palestiniens au Liban ». En conclusion, M. Lahoud a déclaré qu'en reconnaissant « pour la forme la nécessité de créer un État palestrinien, Netanyahu entreprend de court-circuiter la vision du président Obama » concernant le processus de paix.
Membre du bloc parlementaire aouniste, Farid Élias Khazen, a déclaré que « le problème de l'implantation est une réalité palpable et ne constitue nullement un épouvantail ».
Le mouvement « Hamas » (branche Liban) a publié par ailleurs un communiqué soulignant que « le discours du chef du gouvernement de l'ennemi sioniste Benjamin Netanyahu a dévoilé la nature raciste de l'entité sioniste et a mis en relief le caractère extrémiste de l'attitude de Netanyahu qui rejette les droits du peuple palestinien et s'oppose à toutes les initiatives de paix, dont notamment l'initiative arabe ». Pour le Hamas, la déclaration de Netanyahu constitue « une feuille de route sioniste pour liquider la cause palestinienne ».

Les armes palestiniennes
Le secrétaire général de l'OLP et du mouvement Fateh au Liban, Sultan Aboul Aynaïn, a affirmé pour sa part qu'après la déclaration de Netanyahu, « toute partie qui soulèverait le problème de l'armement palestinien dans les camps du Liban contribuerait directement à favoriser l'implantation des Palestiniens » dans le pays. « L'armement palestinien ne devrait pas être perçu sous sa dimension sécuritaire, mais sous l'angle de sa portée politique », a déclaré le responsable du Fateh.
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a déclaré quant à lui que le discours du Premier ministre israélien a constitué « un défi pour les arabes et les musulmans du fait qu'il a rejeté toutes les solutions possibles à la cause palestinienne ».
Le président du comité de dialogue libano-palestinien, l'ambassadeur Khalil Mekkaoui, a déclaré que les propos du Premier ministre israélien concernant le droit au retour des réfugiés palestiniens « confirment la politique israélienne qui consiste à forcer éternellement à l'exode le peuple palestinien, de manière à saper son identité ». Rappelant que le Liban a constamment appuyé le projet d'édification d'un État palestinien, M. Mekkaoui a mis l'accent sur le consensus qui s'est dégagé au plan libanais pour ce qui a trait au rejet de l'implantation.
M. Massoud Achkar, candidat aouniste aux dernières élections dans la circonscription d'Achrafieh, a appelé enfin l'État libanais à « œuvrer à travers les voies légales et internationales pour soumettre au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution contraignant Israël à permettre aux réfugiés palestiniens de regagner leurs territoires ».
La dernière déclaration du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, portant notamment sur un règlement de la question des réfugiés palestiniens « hors des frontières de l'État d'Israël », a suscité un tollé dans l'ensemble des milieux politiques libanais qui ont souligné la nécessité, à l'unisson, de resserrer les rangs internes afin de faire face au complot de l'implantation. Le président Michel Sleiman a exhorté sur ce plan l'Union européenne, « en coordination avec les États-Unis, à faire pression sur Israël afin de l'amener à accepter les initiatives de paix de manière à placer la région sur la voie de la solution »...
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