Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Coup de force russe à l’ONU sur la Géorgie

Tbilissi enrage après le veto de Moscou au renouvellement du mandat de la mission d'observation des Nations unies en Abkhazie.
La Russie a opposé son veto lundi soir au Conseil de sécurité au renouvellement du mandat de la Mission de l'ONU en Géorgie (Monug), provoquant de facto la fin de ses activités. Le projet de résolution, présenté par les États-Unis et les Européens, proposait de prolonger de 15 jours le mandat de cette mission de 130 observateurs en Abkhazie, province séparatiste géorgienne dont la Russie a reconnu l'indépendance après le conflit de l'été dernier entre Moscou et Tbilissi. Le mandat de la mission a expiré hier.
Le représentant russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a été le seul membre du Conseil de sécurité à s'opposer à la résolution. M. Tchourkine a dit avoir rejeté le texte proposé parce qu'il se référait à une résolution précédente réaffirmant « l'intégrité territoriale » de la Géorgie, terme qu'il considère comme un « poison politique » après la guerre de l'an dernier. « Nos partenaires (du Conseil de sécurité) savaient que nous ne l'accepterions pas car l'Abkhazie n'est pas représentée là-bas comme État indépendant », a précisé le ministère russe des Affaires étrangères. « Il ne fait aucun doute que l'entière responsabilité du départ de la région des observateurs et employés de l'ONU (...) incombe aux États occidentaux qui font preuve d'obstination idéologique depuis de nombreux mois », ajoute-t-il.
La Russie a reconnu l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud comme États indépendants après avoir écrasé en août dernier une offensive militaire géorgienne en Ossétie du Sud et déployé des troupes dans les deux régions.
Hier matin, la Géorgie a fustigé le veto russe. « La Russie n'a pas besoin de témoins pour enregistrer les résultats du nettoyage ethnique », a déclaré le ministre géorgien des Affaires étrangères, Grigol Vachadze. « Pour la Russie, le but principal était plutôt ici de mettre en péril le statut juridique des territoires occupés, de légitimer les autorités de Soukhoumi et de Tskhinvali, et de conférer une sorte de légitimité aux forces d'occupation armées de la Russie en Abkhazie et en Ossétie du Sud ». La France, membre permanent du Conseil de sécurité, a regretté « profondément » le veto de Moscou et estimé que « la Russie a pris une lourde responsabilité ». « Le veto russe laisse sur le terrain une situation toujours délicate et instable, que nous voulons que le Conseil de sécurité continue à suivre », a dit le ministère français des Affaires étrangères.
Selon des diplomates, on ne sait pas clairement de quel délai dispose la mission de l'ONU pour se retirer, ni s'il y a moyen de préserver une certaine présence internationale. Moscou s'était déjà opposé en mai au maintien des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui ont jusqu'au 30 juin pour quitter la Géorgie. Après le veto russe, l'Union européenne reste seule dans la région avec une mission de 225 membres déployée après la guerre, mais qui ne peut entrer ni en Ossétie du Sud ni en Abkhazie. M. Vachadze a dit s'attendre à des pourparlers dans un proche avenir sur l'éventuel renforcement de cette mission. Le n° 2 de la mission britannique à l'ONU, Philip Parham, a souligné que l'UE devait renforcer sa mission en Géorgie si celle des Nations unies devait fermer. Johan Verbeke, chef de la mission de l'ONU, a déclaré à Reuters que son non-renouvellement compromettrait la stabilité en Abkhazie et priverait de protection les quelque 60 000 Géorgiens de souche qui y sont installés.
Une aggravation de l'instabilité ferait monter la tension en Géorgie, où des policiers masqués ont frappé lundi des dizaines de manifestants à Tbilissi. L'opposition exige le départ du président Mikhaïl Saakachvili en raison de son échec dans la guerre et des insuffisances du pouvoir en matière de démocratie.

La Russie a opposé son veto lundi soir au Conseil de sécurité au renouvellement du mandat de la Mission de l'ONU en Géorgie (Monug), provoquant de facto la fin de ses activités. Le projet de résolution, présenté par les États-Unis et les Européens, proposait de prolonger de 15 jours le mandat de cette mission de 130 observateurs en Abkhazie, province séparatiste géorgienne dont la Russie a reconnu l'indépendance après le conflit de l'été dernier entre Moscou et Tbilissi. Le mandat de la mission a expiré hier.Le représentant russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a été le seul membre du Conseil de sécurité à s'opposer à la résolution. M. Tchourkine a dit avoir...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut