« Je suis confiant que nous pourrons bientôt arriver à un accord qui nous permettra de mettre de côté la question des implantations pour progresser sur ce que je considère comme des questions bien plus importantes pour le processus de paix », a déclaré à Reuters Michael Oren, nouvel ambassadeur d'Israël à Washington. Sous la pression de M. Obama, M. Netanyahu a publiquement accepté pour la première fois dimanche l'objectif international de création d'un État palestinien, mais en y posant des conditions jugées inadmissibles par les Palestiniens. Le chef du gouvernement israélien a parallèlement refusé de céder à la demande américaine d'un gel de la colonisation en Cisjordanie occupée. Il défend la possibilité de développer les implantations existantes pour répondre à la « croissance naturelle » de la population des colons.
Pour les Palestiniens, le gel complet de la colonisation est une condition préalable à une reprise des pourparlers de paix. « Ce n'est pas une histoire d'appels d'offres, ce n'est pas une question technique. Toute activité de colonisation sape une solution à deux États. Je ne crois pas que les Américains accepteront ça », estime le négociateur palestinien Saëb Erakat.
M. Oren, interrogé par Reuters à Jérusalem, n'a pas donné de détails sur le genre d'accord qui pourrait être passé avec Washington. Il assure que des propositions intéressantes ont été présentées par les deux parties pour réduire leurs divergences. « Si quelqu'un achète une maison, si quelqu'un décroche un contrat pour construire une maison, si une entreprise est engagée sur un chantier, le gouvernement israélien n'a pas le droit de l'en empêcher, c'est la loi. S'il essaie, il y aura recours devant la Cour suprême qui tranchera, c'est probable, en faveur des requérants », a-t-il dit.
D'après un responsable occidental, certains officiels américains à Washington se seraient montrés « compréhensifs » à l'égard de la position israélienne, d'autant qu'un gel complet de la colonisation pourrait provoquer un éclatement de la coalition droite/extrême-droite au pouvoir en Israël. Sur les ondes de la radio israélienne, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a fait état d'une certaine compréhension parmi les dirigeants américains et européens sur le principe de la « croissance naturelle » des colonies.
Pour sa part, M. Netanyahu a indiqué à une télévision américaine qu'il rencontrerait M. Mitchell lors d'une visite en Europe la semaine prochaine. Il a reconnu que la colonisation demeurait un « sujet de désaccord ». D'après un diplomate occidental, Washington semblerait mettre de côté ce dossier hautement épineux pour tenter de trouver des moyens de relancer les négociations. Une hypothèse actuellement examinée par l'administration Obama consisterait à accélérer les discussions sur les frontières d'un futur État palestinien, ajoute-t-il. En cas d'accord sur les frontières, la construction se poursuivrait dans les zones demeurant sous contrôle israélien.
À ce sujet, M. Oren a indiqué que M. Netanyahu est prêt à reprendre avec les Palestiniens des discussions de paix qui porteraient sur des questions-clés comme les frontières et les réfugiés. Sur la question du statut de Jérusalem, M. Netanyahu a clairement souligné que la ville était la capitale une et indivisible de l'État hébreu, a cependant précisé M. Oren à Reuters.


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