L'armée a bombardé ce week-end le Waziristan du Sud, Mohmand et Bajaur, trois districts des zones tribales semi-autonomes frontalières de l'Afghanistan, où les États-Unis considèrent qu'el-Qaëda a reconstitué ses forces et les talibans afghans des bases arrière, soutenus par les talibans pakistanais. Les militaires pakistanais affirment y avoir tué au moins une soixantaine de rebelles en deux jours, un bilan impossible à vérifier de source indépendante. Dans le district tribal du Waziristan du Nord, les habitants de villages réputés sous influence talibane commençaient hier à quitter les lieux pour gagner des endroits plus sûrs, achetant des tentes et faisant des stocks de nourriture, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.
Le gouvernement a « lancé une opération tous azimuts dans les zones tribales », y compris le Waziristan, a déclaré dimanche soir Owaïs Ahmad Ghani, gouverneur de la Province de la Frontière du Nord-Ouest. « Les opérations se poursuivront jusqu'à l'élimination des combattants », a-t-il promis. Les autorités pakistanaises n'ont pas fait mystère de leur objectif : Baïtullah Mehsud, chef du Mouvement des talibans du Pakistan (Tehreek-e-Taliban Pakistan, TTP), « et ses partisans », selon le gouverneur.
La nouvelle offensive dans les zones tribales a reçu le soutien des États-Unis, premier bailleur de fonds du Pakistan. Washington s'inquiète de la progression des talibans depuis deux ans, et de ses conséquences tant au Pakistan, dont ils menacent la stabilité, qu'en Afghanistan, par leur soutien aux rebelles qui y attaquent les troupes afghanes et américaines. Dès vendredi, à Washington, un haut responsable américain avait annoncé que l'armée pakistanaise préparait « une campagne dans le sud du Waziristan ». La semaine dernière, le directeur de la CIA, Leon Panetta, avait déclaré que les troupes américaines comptaient elles aussi accentuer la pression sur les islamistes côté afghan, où elles sont déployées, pour éviter toute porte de sortie aux rebelles. Alors que les autorités pakistanaises mettent l'accent sur Baïtullah Mehsud, la cible prioritaire américaine s'appelle toujours Oussama Ben Laden, qui « se trouve toujours au Pakistan », selon M. Panetta, cité par les médias américains.


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