Prenant la parole devant des délégations d'émigrés qu'il a reçues à Meerab (Kesrouan), M. Geagea a d'abord déploré le fait que la partie adverse (le 8 Mars) ait fait assumer la responsabilité de sa défaite au vote des émigrés. Commentant les critiques formulées par certaines factions de l'opposition qui accusent les Forces libanaises d'avoir incité de nombreux émigrés à venir voter, le leader des FL a déclaré : « Le droit des émigrés à participer aux opérations de vote est reconnu par la législation libanaise, et plus particulièrement dans l'actuelle loi électorale. Imaginez qu'on n'ait pas demandé aux émigrés de venir de l'étranger pour voter... Cela est de leur droit. Quant à ceux qui disent que les émigrés ont été achetés (pour venir voter), ils commettent un crime à l'égard du Liban. Ceux qui ont émigré l'ont fait car ils refusaient de demander l'aide de quiconque, même de leurs parents. L'autre partie (le 8 Mars) est à la recherche de prétextes pour justifier sa défaite. »
M. Geagea a, d'autre part, réfuté l'argumentation du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a affirmé, après l'annonce des résultats, que « la majorité populaire est différente de la majorité parlementaire ». « Cela est en contradiction avec l'accord de Taëf qui stipule que le nombre de sièges parlementaires est réparti à égalité entre chrétiens et musulmans, indépendamment du poids démographique de chacune des deux parties », a-t-il déclaré.
Le vote chrétien
Commentant, par ailleurs, les informations du Nahar selon lesquelles les factions chrétiennes du 14 Mars ont obtenu 58 % des voix chrétiennes alors que les chrétiens du 8 Mars n'ont obtenu que 42 % des voix chrétiennes, M. Geagea a déclaré : « Sans vouloir aller jusque-là, ce qui est certain c'est que nous avons remporté plus de 50 % du vote chrétien. »
Évoquant dans ce cadre les détails du report des voix chrétiennes dans certaines circonscriptions, le leader des FL a déclaré : « À Zahlé, ils (le camp du 8 Mars) prétendent que nous avons remporté la victoire grâce aux voix sunnites. Certains (allusion au ministre Élie Skaff) ont prétendu que les voix d'une communauté déterminée (les sunnites) étaient en 2005 de 18 000 alors qu'en 2009 ce chiffre, comme ils l'affirment, s'est élevé à 30 000. En réalité, le nombre de voix de cette communauté en 2005 était de 20 000, et cette année, ce chiffre est passé à 26 000. Mais dans le même temps, comment cette partie (le ministre Élie Skaff) n'a pas vu que le nombre de voix chiites en 2005 était de 8 000 et cette année il est passé à 15 000. Dans la ville même de Zahlé, où il n'y a pas de voix sunnites, nous avons eu 6 000 voix de plus qu'eux. Au niveau de tout le caza, nous avons obtenu, après le décompte des voix arméniennes, 1 000 voix de plus qu'eux, sans compter les autres voix » (des autres communautés musulmanes).
M. Geagea a, d'autre part, indiqué que « la grande surprise a été à Baabda où nous avons remporté 52 % des voix chrétiennes ». « Pendant quatre ans (depuis les dernières élections de 2005), le général Aoun a affirmé que nous avions remporté la victoire (en 2005) grâce aux voix chiites. Nous n'allons pas tenir aujourd'hui le même langage en disant qu'ils ont gagné grâce au vote chiite car en définitive, l'électeur chiite est libanais au même titre que les autres. Il n'en demeure pas moins que nous devons admettre la réalité telle qu'elle est. À Jbeil, Farès Souhaid a obtenu plus de 50 % des voix chrétiennes. Quant à Batroun et au Koura, n'en parlons pas. À Zghorta, il faut faire une comparaison avec les chiffres obtenus lors du scrutin de 2005. Il apparaît alors qu'un grand progrès a été enregistré sur ce plan. »
Après avoir rappelé qu'en 2005, les chrétiens avaient voté pour une faction (le courant aouniste) qui défendait à leurs yeux leurs constantes, M. Geagea a souligné que cette année, les chrétiens ont voté « juste ». En conclusion, le leader des FL a affirmé que le scrutin du 7 juin constitue « une source de fierté pour les Libanais ».

