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Liban

Baroud à l’Intérieur : des prestations et des réalisations modèles

Au lendemain du scrutin, on ne peut que s'arrêter sur les prestations du ministère de l'Intérieur qui a fait figure d'une oasis en termes de transparence, de détermination et de sérieux, au sein d'une pléthore d'institutions plutôt connues pour leur inefficacité.
Dans une jungle aux lois toutes particulières où la compétition électorale a donné lieu à de multiples irrégularités comme le relèvent les différentes missions d'observation, le ministère de l'Intérieur a décidé d'aller à contre-courant, en imposant, si ce n'est encore le règne de la loi au vrai sens du mot, du moins une nouvelle culture citoyenne favorisant les pratiques démocratiques, et démontrant ainsi une rigueur certaine dans la gestion des dossiers relatifs à cette dernière consultation parlementaire.
Quelles que soient les sympathies politiques, s'il en est, du ministre Ziyad Baroud, on ne peut que rendre hommage à l'attitude affichée par ce dernier tout au long de la période de préparatifs qui a précédé la consultation électorale et saluer le travail monstre effectué par son département avant, pendant, et après l'annonce des résultats.
Certes, quelques lacunes ont été relevées en cours de route, telles que la lenteur de l'émission des cartes d'identité, ou encore les longues files d'attente le jour du scrutin qui ont créé une certaine confusion et une gêne parmi les électeurs. Des accidents de route qui ne peuvent en aucun cas effacer les réalisations gigantesques du ministère, tant au niveau de la sécurité qu'à celui de la culture citoyenne que le ministre a tenu à enraciner au cours de cette phase cruciale de l'histoire du pays.
Armés de deux misérables réformes obtenues à l'arraché par la société civile auprès du Parlement lors du vote de la loi électorale, M. Baroud et son équipe ont décidé de faire avec les moyens du bord, et ont déployé tous les efforts nécessaires en vue de l'application et du respect de la clause relative aux dépenses électorales et d'une autre sur la couverture médiatique en temps de campagne, deux réformes comportant toutefois beaucoup de lacunes, de l'aveu même du ministre concerné.
La mise en place d'un comité de surveillance de la campagne électorale n'en constituait pas moins une nouveauté et un garde-fou relativement efficace pour contrôler les débordements des protagonistes. Encore faut-il que ce comité puisse s'acquitter de sa mission jusqu'au bout, en publiant un dernier rapport véritablement équitable et impartial, pour dénoncer les violations de la loi. Il devrait sans doute mettre l'accent aussi bien sur les irrégularités commises par certains médias politisés à outrance, que sur l'attitude de candidats ou de responsables politiques qui ont franchement transgressé les règles au cours de leur promotion électorale, sans parler des dépenses faramineuses effectuées de part et d'autre, un phénomène qui n'a d'ailleurs pas échappé aux observateurs locaux aussi bien qu'internationaux.
Cependant et malgré certains déboires observés sur le terrain, le ministère n'a pas lâché prise, notamment lors des dizaines de conférences de presse que M. Baroud a enchaînées l'une après l'autre, pour solliciter, informer, éclairer, et rappeler à l'ordre les « déviationnistes » dans un style nouveau, inhabituel, inspiré de la culture de la société civile dont il est issu.
Chose rarement vue dans l'histoire récente de ce pays, le spectacle d'un ministre entouré d'une équipe jeune et performante, travaillant nuit et jour à l'image d'une ruche d'abeilles, bref des personnes engagées dans la logique réformiste. En l'espace d'un an, ce ministère a réussi à mettre en place toute une logistique pour organiser des élections en un seul jour - une première dans l'histoire du pays et un défi monstre pour un ministre aussi jeune -, à jongler avec une situation aléatoire en termes de sécurité, un dossier que M. Baroud a tenté de gérer tant bien que mal, sans parler des mesures prises en matière de réglementation de la circulation sur les routes. Également appréciable le comportement remarquable de l'armée qui a fini par déteindre sur les citoyens qui ont rendu aux forces de l'ordre la monnaie, en faisant preuve d'une conduite relativement exemplaire, comme l'a d'ailleurs souligné Ziyad Baroud.
Si certaines parties rechignent encore à reconnaître les réalisations et les mérites de ce jeune ministre, personne ne saurait cependant occulter la nouvelle éducation citoyenne propagée dans le pays, et dont les effets se feront encore longtemps ressentir. Comme l'a d'ailleurs noté un observateur, on ne peut en définitive qu'espérer un effet de mimétisme inspiré par l'équipe Baroud et une duplication de cette expérience éclairée au sein du prochain gouvernement. Après tout, les Libanais ont le droit de rêver et de souhaiter voir des technocrates et peut-être même de nouveaux acteurs de la société civile prendre en main une dizaine de départements au moins. Histoire de mettre à exécution le slogan de la réforme que les différentes parties n'ont cessé de galvauder lors de leurs campagnes électorales respectives.
Au lendemain du scrutin, on ne peut que s'arrêter sur les prestations du ministère de l'Intérieur qui a fait figure d'une oasis en termes de transparence, de détermination et de sérieux, au sein d'une pléthore d'institutions plutôt connues pour leur inefficacité.Dans une jungle aux lois toutes particulières où la compétition électorale a donné lieu à de multiples irrégularités comme le relèvent les différentes missions d'observation, le ministère de l'Intérieur a décidé d'aller à contre-courant, en imposant, si ce n'est encore le règne de la loi au vrai sens du mot, du moins une nouvelle culture citoyenne favorisant les pratiques démocratiques, et démontrant...
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