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Moyen Orient et Monde - Justice

Le procès des « bébés congelés » s’ouvre en France

Une mère, qui souffrait de déni de grossesse, est jugée pour trois infanticides.

Une mère de famille qui a reconnu avoir tué trois de ses bébés après des grossesses vécues dans le déni est jugée depuis hier en France, trois ans après la découverte des corps de deux des nouveau-nés dans le congélateur du domicile familial à Séoul. Véronique Courjault, 41 ans, est jugée pour « assassinats » par la cour d'assises de Tours et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Le fait divers, qui avait choqué en France et en Corée du Sud, avait mis en lumière les dénis de grossesse, phénomène touchant certaines femmes, qui ne se rendent pas compte qu'elles sont enceintes, pas plus que leur entourage, et dont les manifestations physiques de grossesse sont quasi inexistantes.
Vêtue d'une veste claire et d'un chemisier bleu, Véronique Courjault est apparue à l'ouverture du procès très amaigrie, impressionnée, mal à l'aise, ayant beaucoup de mal à respirer. Incarcérée depuis deux ans et demi, cette mère de deux adolescents est seule dans le box des accusés. Son mari, Jean-Louis, 42 ans, un temps soupçonné de complicité, a été mis hors de cause. Sa femme a toujours dit qu'il « n'était pas au courant ». Dans la salle d'audience, Mme Courjault a échangé un long regard avec son mari, assis en face d'elle sur le banc des parties civiles. « Je suis tendu, très tendu. Je soutiens la femme que j'aime », avait-il déclaré en arrivant au Palais de justice.
Dans l'assistance, la famille de l'accusée, son père et sa mère, Robert et Monique Fievre, ainsi que sa belle-mère et sa belle-sœur étaient assis côte à côte. Tous la soutiennent. « On a du mal à comprendre. Ce n'est pas une criminelle », estiment ses parents. Quand, les uns après les autres, ils sont appelés à la barre pour connaître le jour de leur audition, ils échangent des regards et clins d'œil complices avec Véronique. Celle-ci craque, essuie quelques larmes avec une main, puis se remet à pleurer sortant un mouchoir blanc.
Jean-Louis Courjault avait découvert le 23 juillet 2006 le corps de deux bébés dans le congélateur de la maison familiale à Séoul, et alerté la police. Le couple était alors expatrié en Corée du Sud où le mari, ingénieur, travaillait pour une société américaine. Elle était femme au foyer. Les époux Courjault avaient d'abord nié « être les parents » des bébés, mais en octobre 2006, les résultats des analyses ADN pratiquées par la police française avaient prouvé le contraire et confirmé ceux de Séoul. Véronique Courjault avait alors reconnu trois infanticides. Le premier sur un nouveau-né mis au monde clandestinement à l'été 1999 en France, les deux autres sur deux bébés nés en septembre 2002 et décembre 2003 à Séoul, morts par asphyxie, selon une autopsie. « Je ne les sentais pas bouger dans mon ventre... Pour moi ça n'a jamais été des enfants », a-t-elle confié aux psychiatres qui avouent se trouver « face à un cas assez exceptionnel ».
« Les grossesses qui se passent mal existent. Il faut essayer de comprendre », plaide le mari, qui dit regretter de ne pas avoir « perçu la détresse de sa femme ». Il s'occupe de leurs deux garçons, âgés de 14 et 12 ans, dans leur maison en Touraine. Selon l'avocate des enfants, Me Pascale Brémant, qui a en vain demandé le huis clos pour ce procès, les deux garçons « vivent l'étalage médiatique comme une injustice supplémentaire ».
En France, au moins 1 600 femmes par an sont concernées par le déni de grossesse, et environ 300 se rendent compte qu'elles sont enceintes au moment d'accoucher, selon des spécialistes.

Une mère de famille qui a reconnu avoir tué trois de ses bébés après des grossesses vécues dans le déni est jugée depuis hier en France, trois ans après la découverte des corps de deux des nouveau-nés dans le congélateur du domicile familial à Séoul. Véronique Courjault, 41 ans, est jugée pour « assassinats » par la cour d'assises de Tours et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.Le fait divers, qui avait choqué en France et en Corée du Sud, avait mis en lumière les dénis de grossesse, phénomène touchant certaines femmes, qui ne se rendent pas compte qu'elles sont enceintes, pas plus que leur entourage, et dont les manifestations...
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