Sans parler d'Andy Murray ou de Novak Djokovic, qui auront leur mot à dire dans ce sprint imprévu de la deuxième partie de saison, les chiffres sont clairs : Rafael Nadal pourrait arriver à l'US Open, seul titre du grand chelem qu'il n'a pas encore remporté, en tant que n° 2 mondial, derrière Roger Federer. L'Espagnol, vainqueur cinq fois sur sept de Roger Federer en finale de grand chelem, est n° 1 mondial depuis le mois d'août 2008. Il avait interrompu une série de 237 semaines consécutives au sommet de Roger Federer.
Un mauvais calendrier
Pourquoi Rafael Nadal se trouve-t-il dans cette situation ? À cause d'un mauvais calendrier. Une accumulation de tournois sur terre battue proposée par l'ATP et acceptée sans modération par le Majorquin. La présence du nouveau Masters 1 000 de Madrid avant Roland-Garros, ajoutée à la conservation de celui de Monte-Carlo, à celui de Rome, a provoqué un embouteillage monstre avant le deuxième grand chelem de la saison.
Ce qui est incompréhensible, c'est que Rafael Nadal et Novak Djokovic ont tenu à alourdir leur propre calendrier en participant pour Nadal à Barcelone et pour le Serbe à Belgrade. Cette pression supplémentaire a pesé à Paris. Sept des huit quarts de finaliste de cette année à Roland-Garros ont joué deux fois moins que Nadal et Djokovic lors de la saison sur terre. Seul Nikolay Davydenko comptait plus de tournois, sans pourtant jouer autant de matches et surtout autant de matches intenses. Nadal et Djokovic ont 243 minutes à Madrid en demi-finale. 04h03 d'un combat sans merci où les deux joueurs ont puisé dans leurs réserves.
Il faut faire des choix
Rafael Nadal, depuis quatre ans, c'est un quasi-sans-faute sur terre battue. Quatre ans qu'il enchaîne Monte-Carlo, Rome, Barcelone, Hambourg, et aujourd'hui Madrid sans se ménager. Depuis quatre ans, il arrive à l'US Open sur les rotules, littéralement. En 2009, Nadal est sur les genoux plus tôt que prévu. Il a manqué le grand rendez-vous de l'année, Roland-Garros, et pourrait louper le tournoi de ses rêves, Wimbledon. Une décision sera prise cette semaine après un examen quant à sa participation. La seule faiblesse actuelle de Rafael Nadal, ce n'est pas son physique comme on aurait pu le penser il y a quelques années. C'est son obstination à ne pas le préserver.
Pourquoi jouer Barcelone, pourquoi même jouer Madrid alors que lui-même avait émis des doutes sur la nécessité d'y participer en raison des mauvaises conditions (il se sentait déjà fatigué et il évoquait l'altitude). Nadal a atteint la finale à Madrid, le nouveau Masters 1 000 cher à Ion Tiriac, et a perdu au 4e tour sur le grand chelem qui a fait ce qu'il est. Les sponsors ? La pression des institutions ? L'argent (une polémique sur les « leçons de tennis » données au fils du président ouzbek pour 1 million de dollars ont fait couler beaucoup d'encre) ? Tout cela paraît absurde au regard de son talent et des valeurs d'humilité qu'il prône. Quand on observe les changements de calendrier de Roger Federer depuis deux ans, on se demande pourquoi le clan Nadal ne met pas Rafa au repos. Federer a tout misé sur les grands chelems, Nadal pourrait en faire de même. À moins qu'il n'ait pas encore intégré la dimension historique de ses performances. Après quoi court donc le n° 1 mondial ?


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