Seul Mike Powell, détenteur du record du monde à 8m95, Bob Beamon, Carl Lewis et Robert Emmiyan ont fait mieux. Les Américains Larry Myricks et Erick Walder ont aussi bondi à 8m74.
« Il est certain que mon objectif, c'est le record du monde, a dit Phillips, champion olympique en 2004 et double champion du monde. Je m'en sens capable. »
Son saut dimanche à Eugene est le plus long réussi depuis 15 ans. Phillips se demande même désormais s'il n'aurait pas pu battre les 8m95 réussis par Powell en 1991 à Tokyo si le vent avait été favorable au lieu d'être contraire.
« Si on mettait un vent de 1,2 (mètre par seconde) derrière moi plutôt que face à moi, on aurait bien pu avoir un record du monde aujourd'hui », a-t-il dit.
Son principal rival et champion olympique 2008, le Panaméen Irving Saladino, a pris la deuxième place du meeting avec un saut à 8m63.
Ces performances promettent une lutte serrée et de haut niveau au cours d'une saison marquée par les championnats du monde à Berlin en août.
« Je déborde de confiance maintenant et ça va rendre les choses très difficiles pour mes adversaires », a prévenu Phillips.
Régulièrement blessé, l'Américain a plutôt manqué de confiance ces dernières saisons. Avant même ses soucis physiques, il ne prenait plus guère de plaisir sur la piste.
« J'avais perdu beaucoup de passion envers ce sport car j'avais atteint quasiment tout ce dont j'avais rêvé, a-t-il dit à Reuters. J'avais sombré dans l'autosatisfaction. J'avais l'impression que c'était inutile de m'entraîner sérieusement. »
En deux ans, Phillips est passé du rang de numéro un mondial en 2006 à celui d'athlète incapable de se qualifier pour les Jeux olympiques de Pékin.
Il a sérieusement songé à prendre sa retraite sportive fin 2008 avant que son père lui redonne le goût de l'effort. Phillips se souvient des paroles de son père : « Tu as encore beaucoup à donner. »
« J'ai donc décidé de tenter ma chance encore une fois », a-t-il dit.


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