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Présidentielle iranienne : un religieux de haut rang souhaite l'échec d'Ahmadinejad

Religieux iranien de haut rang et de tendance réformiste, le grand ayatollah Youssef Sanei ne fait pas mystère de son voeu de voir échouer l'actuel président Mahmoud Ahmadinejad au scrutin du 12 juin.

Officiellement, il ne "soutient aucun candidat en particulier", a-t-il dit à l'AFP dans une récente interview dans son séminaire de la ville de Qom, le centre nerveux de l'islam chiite en Iran.

Mais quand il décrit son candidat idéal "qui ne ment pas, qui tient ses promesses, qui veut réduire la pauvreté, le chômage et la toxicomanie", et qui "n'est pas mentalement rigide et inflexible", il n'a visiblement pas M. Ahmadinejad en tête.

D'ailleurs, s'il "engage tous les électeurs à aller voter, c'est pour voir si l'on peut changer la situation ou pas".

Les prises de position du grand ayatollah, le plus haut rang dans la hiérarchie de l'islam chiite, sont considérées comme autant d'anathèmes par l'administration du président Ahmadinejad.

Son interview n'a été autorisée qu'à la condition qu'un représentant du ministère de la Culture et de la guidance islamique y assiste. L'activité des journalistes en Iran est soumise à l'autorisation de ce dernier.

L'ayatollah a pourtant été un disciple de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, fondateur de la République islamique. Il y a tenu des positions influentes dans les premières années après la révolution de 1979.

"Les principes révolutionnaires de l'imam (Khomeiny) sont toujours vivants, mais certains de leurs aspects ont changé sous le neuvième gouvernement", qu'a constitué M. Ahmadinejad après son élection en 2005.

Pèle-mêle le grand ayatollah lui reproche "le renvoi de plusieurs gestionnaires de talent, l'inflation et le chômage, qui appauvrissent la population". Il regrette aussi que "nous ayons vendu le pétrole à 130 dollars le baril mais que maintenant nous ayons les mains vides".

L'inflation dépasse 25%, le chômage 12%, et les adversaires de M. Ahmadinejad l'accusent d'avoir dilapidé les revenus que l'Iran, quatrième producteur mondial de brut, a tiré de ses ventes de pétrole quand il était au plus haut.

Ce prix est aujourd'hui beaucoup plus bas et l'Etat devrait être confronté bientôt à un grave déficit budgétaire.

"Je n'approuve pas la situation actuelle", conclut le religieux, qui voit aussi d'un mauvais oeil les initiatives de politique étrangère de l'actuel président.

Ce dernier n'a cessé de hausser le ton pour défendre le programme nucléaire iranien, contre les pressions croissantes de la communauté internationale pour sa suspension.

Il a par exemple qualifié les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant l'Iran sur ce sujet comme étant autant de "bouts de papier".

"La politique nucléaire n'a rien à voir avec le président. Elle est du ressort du guide suprême", l'ayatollah Ali Khamenei, a dit M. Sanei.

Le guide est la plus haute autorité de l'Etat. Il n'a jamais désapprouvé les prises de position du président sur le sujet.

Pas plus qu'il n'a critiqué ses provocations sur l'holocauste, qualifié de "mythe" ou plus récemment de "grosse tromperie".

"Je suis contre ces déclarations", a dit le grand ayatollah Sanei. "Nous ne sommes pas des historiens, nous aurions pu dire les choses différemment, d'une meilleure façon", ajoute-t-il.

Il s'est refusé à nommer son candidat préféré. Mais peu avant l'élection de 2005 il avait avoué une préférence pour Mir Hossein Moussavi, un ex-Premier ministre qui ne se présenta pas, mais qui est aujourd'hui le principal rival de M. Ahmadinejad pour le scrutin du 12 juin.

Religieux iranien de haut rang et de tendance réformiste, le grand ayatollah Youssef Sanei ne fait pas mystère de son voeu de voir échouer l'actuel président Mahmoud Ahmadinejad au scrutin du 12 juin.
Officiellement, il ne "soutient aucun candidat en particulier", a-t-il dit à l'AFP dans une récente interview dans son séminaire de la ville de Qom, le centre nerveux de l'islam chiite en Iran.
Mais quand il décrit son candidat idéal "qui ne ment pas, qui tient ses promesses, qui veut réduire la pauvreté, le chômage et la toxicomanie", et qui "n'est pas mentalement rigide et inflexible", il n'a visiblement pas M. Ahmadinejad en tête.
D'ailleurs, s'il "engage tous les électeurs à aller voter, c'est pour voir si l'on peut changer la...